« Sira une héroïne africaine » d’Apolline Traoré

Avec son long métrage Sira une héroïne africaine, la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré a réussi son pari de témoigner des violences faites particulièrement aux femmes dans tous les conflits et guerres, notamment dans ceux qui impliquent les djihadistes.

C’est l’histoire attendrissante de la jeune Sira (Nafissatou Cissé) qui doit aller rejoindre son mari et qui est accompagnée par son père, sa mère et toute la famille. Ils doivent s’arrêter dans le désert pour une pause lorsqu’un groupe djihadiste décide de les attaquer, comme ça arrive régulièrement dans cette partie de l’Afrique.

En tentant de s’opposer au leader terroriste, interprété par le comédien Lazare Minoungou (Yere), Sira est faite prisonnier par ce dernier qui lui fait subir les pires atrocités avant de l’abandonner à son sort dans le désert.

Il ne savait toutefois pas que la jeune musulmane de 17 ans qui s’en allait marier un chrétien, avec la bénédiction de son paternel, est une teigneuse qui a grandi avec ses frères. Elle tentera donc le tout pour le tout afin d’assouvir son désir de vengeance et espérer peut-être revoir son amour Jean Sidi (Abdramane Barry).

Sa coopération avec d’autres femmes séquestrées de partout ailleurs au Sahel, est une des bonnes séquences du film de 121 min. Il faut saluer le talent scénique de Ruth Werner qui joue le rôle de la jeune Kemi.

Sira une héroïne africaine d’Apolline Traoré est un film poignant qui étale sans pudeur le peu de considération des djihadistes pour les femmes et en réalité pour le respect de l’universalisme et l’humanité que prônent les religions qu’ils défendent pourtant.

Les violences sexuelles font évidemment partie des nombreuses contradictions de cette catégorie d’hommes qui prêchent pour le « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Il faut donc voir ce film pour se rappeler que la méchanceté tout comme la bonté humaine n’ont ni visage, ni religion, ni pays et que toute personne est capable du pire même les plus…pieux!

Le film a été couvert de plusieurs distinctions jusqu’ici: prix du public à la Berlinale, Étalon d’argent au FESPACO. Invitée d’honneur de la 33e édition du Mois de l’Histoire des Noirs, à Montréal, Apolline Traoré sera présente à plusieurs séances de projection du film, notamment au Cinéma Beaubien (vendredi 2 février à 18H30), à la Cinémathèque québécoise (samedi 3 février à 19H) et Cinéma Public (dimanche 3 février à 17H30).

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