Mandela : Fils d’Afrique

Le 11 février 1990, les yeux du monde sont rivés sur Robben Island. Après vingt-sept ans d’incarcération, Nelson Rolihlahla Mandela est enfin libre. Pour commémorer cet anniversaire, Touki Montréal vous présente la critique du documentaire Mandela : Son of Africa, Father of a Nation.

Mandela ne devrait pas s’appeler Nelson. C’est une institutrice qui le premier jour d’école après lui avoir demandé sans succès son prénom catholique l’affligea de ce patronyme qui le suit depuis plus de quatre-vingt-dix ans. Voilà une des nombreuses vérités qu’on apprend dans le documentaire de Jo Menell et Angus Gibson.

Pendant plus de deux heures et de manière chronologique, les réalisateurs retracent la vie et le parcours d’un des plus grands personnages de l’Histoire . De l’enfance à la gloire, en passant par les mariages, les luttes clandestines ou le long trou noir dans les geôles de l’apartheid.

Dès les premières images, celui qui est alors président de la république sud-africaine nous entraine proche d’un rectangle perdu dans une vaste étendue de terre du Transkei. C’est la tombe familiale. Rien d’extravagant, à peine quelques herbes plus basses que le reste. Pourtant, Mandela est président du pays le plus industrialisé d’Afrique.

Malgré tout ce qui a pu lui arriver, Nelson Mandela est resté un homme simple. Son arme la plus sanglante est restée son sourire angélique et contagieux. Il le démontre à souhait tout au long du film. Mandela sait aussi être poignant quand il le faut. Lorsqu’il raconte devant la caméra les derniers soupirs de son père emporté après une ultime bouffée de sa pipe, l’émotion est au sommet.

L’ancien président reconnaît aussi ses moments de faiblesse, comme ce jour ou adolescent, il subit comme les autres jeunes, les assauts d’un couteau lors d’une cérémonie de circoncision : « Je dois avouer que la douleur m’a paralysé pendant un moment et je n’ai pas été aussi fort et vigoureux que les autres garçons qui m’ont précédé », confesse Mandela.

Alternant images d’archives, vidéos d’époques, le documentaire repose aussi et surtout sur les nombreux témoignages des proches de Mandela. Ses collaborateurs, ses biographes, des anciens prisonniers, son mentor Walter Sisulu ou ses deux ex-femmes Évelyne et Winnie Mandela font partie de cette liste de personnes qui parlent de Madiba, surnom de l’ancien président.

En filigrane, des chansons d’Afrique du Sud, comme la pièce Asimbonanga du groupe  « Savuka » dirigé par Johnny Clegg, complètent ce chef-d’œuvre aux allures hagiographiques nominé aux Oscars en 1997  dans la catégorie meilleur documentaire.

Mandela : Son of Africa, Father of a Nation est un documentaire qu’il faut absolument voir pour se rappeler de l’un des plus grands héros de l’histoire. Le DVD est disponible en ligne. Et sinon plusieurs bibliothèques possèdent des copies de ce documentaire.

  • Durée : 118 minutes
  • Réalisé par Jo Menell et Angus Gibson.
  • Produit par Jonathan Demme, Edward Saxonand Jo Menell.
  • Un mini livre de 28 pages avec quelques photos accompagne le DVD de Palm Pictures.

Pour aller plus loin :

– Un jour de février, Nelson Mandela et l’Afrique du Sud

– Le dossier de Radio Canada

Des diplomates racontent…

20ans de liberté

Johnny Clegg chante  Asimbonanga en compagnie de Nelson Mandela

Photo Une : MastaBaba, Flickr

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