Bref, Kyan Khojandi est à Montréal

L’acteur, auteur et créateur de la série Bref, Kyan Khojandi, a participé pour la première fois en 2014 au Zoofest. À Montréal en mode stand-up, il a présenté Kyan et invités, à l’Agora de l’UQAM, pendant trois jours, du 14 au 16 juillet à 20 h 30.

Connu pour le très gros succès de sa série sur Canal Plus et sur internet, Kyan Khojandi a décidé de livrer au public québécois quelques extraits de son premier spectacle, en compagnie de trois autres humoristes : Mehdi Bousaidan, Adib Alkhalidey et Jérémy Demay.

Kyan, Bref, Canal Plus
Kyan, Bref, Canal Plus

Après une entrée sur scène des plus modestes (par les escaliers de l’avant-scène) et une vraie ovation qui le surprend elle-même, l’humoriste français, souriant, se prête de suite aux jeux des présentations, chuchotant dans son micro ces quelques mots : « Kyan qui? Khojandi, c’est quoi ce nom? C’est qui ce type….Ah oui le mec de Bref.T’as vu il est moins gros qu’à la télé. »

Ses premiers pas en stand-up, il les a faits, ici, à Montréal, lui, que le public ne connaît qu’à travers un écran et son personnage de trentenaire looser. C’est un exercice nouveau pour Kyan Khojandi et les premières minutes montrent un jeune homme souriant et à son aise, évoquant la gentillesse québécoise, grâce à des anecdotes personnelles : « Même la police et les douanes sont gentilles ici ».

Après quelques minutes, il a cédé sa place à Mehdi Bousaidan, humoriste de la nouvelle génération, issu de l’École nationale de l’humour.

Comme ses collègues du soir, une quinzaine de minutes lui a été accordé, assez pour se mettre le public dans la poche.

Alternant les blagues sur les communautés, donnant ses propres conseils pour se battre dans la rue ou proposant une imitation des différents types de rappeurs, il a provoqué les rires. L’efficacité de ses répliques a bien fonctionné.

Quelques fois, la chute était prévisible, mais, au final ça marchait. Bref…à revoir en version longue!

Adil Alkhalidey, visage connu dorénavant dans l’univers de l’humour, est ensuite monté sur la scène. Son accueil a été chaleureux et il l’a bien rendu aux spectateurs, parlant, d’entrée de jeu de ses peurs en avion.

« Je ne comprends pas pourquoi lorsqu’il y a des turbulences en avions, le pilote ne prend pas une autre route. Le mec choisi cette route alors qu’il y en a des milliers d’autres »

Adib est revenu sur ses premiers soucis de notoriété avec les réseaux sociaux ou encore ses problèmes relationnels avec son chat depuis qu’il l’a fait castrer.

Cet aperçu efficace de son spectacle a facilement convaincu l’auditoire de la représentation, venu aussi pour le voir. Bref, Adil Alkhalidey est une valeur sûre du stand-up dans les années à venir.

IMG_9227Avant de voir Kyan Khojandi revenir clore le spectacle, Jérémy Demay a fait son apparition. Il a parlé des remarques sur le manque de virilité dans le sport ou des différences des expressions entre la France et le Québec.

L’humoriste d’origine française maîtrise son sujet et s’est permis même de jouer avec le public, en apostrophant quelques personnes qui pensaient terminer la soirée plus tranquillement.

Après ces trois passages, le «mec de Bref » était de retour en version allongée de ce que l’on a pu voir au début. Kyan Kojandhi est un homme fier de lui et il l’explique.

Tout d’abord sa perte de poids suite à un déclic qu’il a eu un soir en se « voyant de dos en pleine levrette ». Il parle de sexe sans complexes et sans vulgarité. C’est une facette qu’on a découverte dans la série qu’il reprend dans son spectacle.

Sa deuxième raison est qu’il arrive à être fidèle en couple grâce à une seule chose : la masturbation : « Je ne suis pas un mec parfait en couple, mais la masturbation me rend fidèle ».

La dernière raison est la plus touchante puisqu’il évoque la disparition de son père. De manière très habile, il arrive à nous faire rire de ce triste évènement, à travers une histoire personnelle qui révèle une vraie qualité d’écriture. Terminant de manière poétique et résumant ainsi la soirée :

« Mon père voulait qu’on rigole et on a bien honoré sa mémoire ce soir. »

Ces plusieurs minutes proposées, ont dévoilé un Kyan Khojandi sûre de lui, ayant un vrai pouvoir comique dans sa manière de raconter et la qualité de ses textes. Bref, les prémisses sont bonnes et on a hâte de voir la suite.

L’image du héros de la série va rester dans les têtes, mais, dans les années à venir, l’humoriste Kyan Khojandi ne sera plus seulement le « mec de bref », il est évident qu’on entendra reparler de lui s’il continue aussi bien.

Il n’a pas pu partir comme ça, sans ce petit clin d’oeil qui a fait tant plaisir au public. Après un standing ovation pour les quatre protagonistes de la soirée, Kyan Khojandi a pris son téléphone pour lire un dernier texte écrit dans la journée et qui restera un inédit d’une série un petit peu connu : « Bref je suis à Montréal ».

 

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