Confidences de Max Lobé publié chez Zoé

Publié en février chez Zoé, Confidences, le troisième roman de l’auteur camerounais Max Lobé qui vit en Suisse est un voyage dans le Cameroun des années 50, en plein cœur des luttes internes, d’une guerre toujours taboue et à l’aube de l’indépendance de ce pays d’Afrique central.

Confidences-Max-LobeAprès une dizaine d’années passées en Europe, l’auteur de Trinité bantoue et de 39 rue de Berne a choisi de délaisser un peu sa Suisse pour ancrer son projet dans son pays d’origine.

La comparaison avec Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire ou encore L’énigme du retour de Dany Laferrière n’est pas seulement évidente. Elle aussi tout sauf flatteuse.

Le regard de cet homme qui revient dans sa ville natale, dix ans après son départ, correspond au même constat qu’ont fait avant lui Césaire, Laferrière et même Alain Mabanckou, qui signe un sublime postface/postmortem:

«Si ce livre m’a beaucoup «parlé», c’est qu’il est à la fois un chant d’amour et une quête de soi, et c’est peut-être en cela qu’il a un caractère universel très manifeste, ce que je recherche finalement dans toute création, loin des slogans et des démagogies que nous lisons ces derniers temps.»

Bref, rien à redire, sinon que parler un peu du sujet de ce livre. Dans son ouvrage de 200 pages, le narrateur va à la rencontre d’une dame, Mâ Maliga. C’est l’une des rares de son époque qui a envie de revenir sur ce qu’on appelle simplement «les évènements».

Dans ce pays (Kundè) colonisé par les Allemands (Jaman), puis devenu un protectorat franco-britannique (Poulassi-Inglissi) après la Grande guerre, des hommes rêvent d’indépendance.

Un en particulier. Ruben Um Nyobè est le porte-parole (Mpodol, en langue bassa) et le symbole de cette contestation de la domination française. Il sera lâchement et sauvagement tué par les forces policières coloniales dans son bastion.

Entre les souvenirs attendrissant et bouleversant de cette maman sympathique, qui ne rate pas une occasion de boire un verre, le narrateur raconte son retour chez lui,  son adaptation difficile chez lui et surtout ces incompréhensions.

Pourquoi toutes ses plaies chez ceux qui ont vécu cette chose que personne n’a l’intention de qualifier de guerre? Pourquoi l’Histoire ne se souvient pas de Nyobe ?  Comment se fait-il qu’il n’y ait pas la moindre reconnaissance pour ce Héros national ?

 

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