Vues d’Afrique: au coeur d’une révolution au Burkina


Compaore-Revolution-Africaine«Une révolution Africaine, les dix jours qui ont fait chuter Blaise Compaoré», touchant documentaire présenté au festival de cinéma Vues d’Afrique à Montréal les 23 et 24 avril, revient sur la fin de règne soudaine de l’ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, après un soulèvement populaire dans les rues de la capitale Ouagadougou, en octobre 2014.

Si on se contentait d’un facile prisme cynique, on pourrait n’y voir qu’un énième soubresaut politique dans un pays d’Afrique noire. Mais non, comme le titre l’indique, on n’est bien là en face d’une révolution, un moment extraordinaire dans l’histoire d’un État, ici le Burkina Faso, qui rappelle forcément le printemps arabe de 2011.

L’étincelle naît avec la décision de «Blaise» et des siens de modifier la constitution pour que le président puisse se présenter pour un troisième mandat – après être arrivé au pouvoir par la force et le sang en 1987. Le vote par une majorité de parlementaires serviles en faveur de la modification ne fait alors presque pas de doute. Pourtant, dix jours plus tard, le président est acculé à la démission et une nouvelle ère s’ouvre (faite bientôt de drames avec l’attentat du 15 janvier dernier).

Le documentaire met en lumière avec talent un moment qui relève presque du miracle, où David a renversé Goliath, où le mécontentement initial d’habitants refusant de se complaire dans le désarroi a en quelques jours transformé le «Pays des hommes intègres».

Bien qu’appuyé par certains opposants politiques, le mouvement Balai citoyen doit sa réussite avant tout à lui-même.

Balais-Citoyen-CompaoreSi un chaos fatal n’a jamais semblé très loin, si des balles ont transpercé des corps, la mobilisation de ces jeunes – parfois des adolescents – qui ont choisi de barrer les routes pour que le reste de la population ne puisse pas ignorer les événements est finalement parvenue à renverser un vieux colosse autoritaire de l’Afrique.

La principale force technique du long métrage de Boubacar Sangare et Gideon Vink résulte dans les nombreuses vidéos tournées au moment des événements. Elles nous plongent au coeur de la révolution. On a même droit à la fuite du président démissionnaire, dont l’impressionnant convoi en route pour la Côte-d’Ivoire, filmée par hasard par un amateur.

Le tout s’accompagne d’entrevues post-révolution avec les acteurs du tourbillon, y compris des hommes de l’entourage de Compaoré, paradoxalement le seul grand absent de ce documentaire. Mais sans doute l’avait-on déjà trop vu.

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