FFM : Massage à la Camerounaise

Le 24 août dernier, l’ONF diffusait Massage à la Camerounaise de Josza Anjembe, dans le cadre du Festival des films du monde. Le documentaire traite d’une pratique devenue courante au Cameroun depuis les années 30-40 : le repassage des seins.

Clarisse et Lydie, toutes les deux victimes du « massage du sein » dès l’âge de 11 ans, témoignent. « C’est comme si on avait mis le piment et le feu en même temps », affirme l’une d’entre elles.

Avec l’aide de pierre chaude, de pilon, ou encore de noyaux de fruits, leurs mères ont repassé leur poitrine plusieurs mois d’affilée afin de faire « rentrer leurs seins ». Leur objectif était de protéger leurs enfants du viol, de l’inceste et des sévices sexuels en tout genre.

Malgré ces atroces souffrances que leur a infligées leur génitrice, par souci de protection, les deux jeunes filles ont tout de même été violées à l’âge de 15 et 16 ans.

« Mon oncle, qui m’a déviergé, m’a dit que ce ne sont pas les seins qui comptent, mais les poils (pubiens) », avoue du bout des lèvres la jeune femme en pleurs.

Ces mères protectrices sont « à la fois le bourreau et le sauveur d’une victime qui reste victime », ajoute Josza Anjembe à la fin du documentaire.

Au Cameroun, une fille sur quatre est victime de cette pratique, indique un anthropologue interrogé dans le film. De plus, ajoute-t-il, les conséquences du repassage des seins sont psychiques (peur du regard d’autrui, perte de confiance en soi, traumatisme, etc.), mais aussi physiques.

Les jeunes filles ont dans la plupart des cas le sein flasque, mutilé, parsemé de cicatrices ou d’abcès. Quant aux femmes ayant subi ce type de massage, elles auront plus de risques de contracter le cancer du sein et seront souvent dans l’impossibilité d’allaiter.

« Et si ce n’était pas les seins des femmes, mais le sexe des hommes qu’on doit repasser? »

Josza Anjembe

Le documentaire de 44 min sera aussi diffusé le 26 août à 19 h et le 27 août à 17 h à l’ONF.

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