Et c’est ainsi que Lous and the Yakuza surgit avec son album

Elle avait prévenu de son arrivée en balançant d’avance plusieurs extraits dont, le d’ores et déjà classique Dilemme. Lous and The Yakuza a finalement fait le saut dans l’arène en se commettant avec son tout premier album Gore, paru chez Columbia/Sony.

Sensation, phénomène, révélation: les mots ne manquent pas pour qualifier la talentueuse Belge d’origine congolaise Lous and the Yakuza, de son vrai nom Marie-Pierra Kakoma. Pourtant, Lous and the Yakuza ne fait que du…Lous and the Yakuza.

«Ma vie a toujours été encombrée – mais je me sens souvent seule.»

Composé de dix titres aux thématiques variées, mais assumées, cet opus en français et est produit par le producteur espagnol El Guincho (il a notamment bossé avec Rosalia) qu’on a appris à (re) découvrir au gré des sorties des titres Dilemme, Tout est Gore, Solo, Amigo ou même Bon acteur que les internautes ont pu voir chez les studios Color.

Native de Lubumbashi, en République démocratique du Congo, en mai 1996, la Bruxelloise a presque toujours su qu’elle était une artiste. Ayant vécue pas mal d’expérience traumatisante, comme celle qu’elle raconte dans la déchirante Quatre heures du matin, elle n’est reste pas moins éblouissante de vie et d’espoir. “La diable n’ont pas de couleur”, chante-t-elle.

«C’est difficile de me briser», dit-elle dans le document de presse qui accompagne son opus.

Son enfance a été bercée par des artistes congolais comme Koffi Olomide et Papa Wemba, mais aussi Mozart, Beethoven et Vivaldi.  Il y a aussi eu Etta James, Aretha Franklin et Bob Marley que sa mère prisait, mais l’adolescente en elle préférait System of a Down, Korn, mais aussi James Blake et FKA twigs.

«Je pense que sans art, je serais morte, déclare-t-elle. Sans musique, je serais à moitié vivant.»

Résolument pop, l’album Gore a des touches de hip-pop, de rap ou de rumba congolaise, mais sa principale caractéristique est qu’il est personnel.

Lous a choisi de parler de ce qu’elle voulait en y allant avec ses tripes. “Ce que j’ai n’est pas un cadeau – mon seul don était la volonté d’apprendre. Mais quoi que je fasse, je dois créer quelque chose.”

Elle n’hésite pas à aborder des thèmes durs et lourds comme la résistance, la résilience, la sexualité, mais aussi la beauté. «Ma musique est la recherche constante de la vérité», dit-elle.

Issue d’une famille de médecins congolais, Lous a vécu au Congo et au Rwanda et en Belgique. Du Congo, elle va aller rejoindre à cinq ans sa mère et sa petite sœur exilées politiques en Belgique. Puis en 2005, la famille s’installe au Rwanda jusqu’à ce que Marie-Pierra implore ses parents de regagner l’Europe, à l’âge de 15 ans.

Elle s’inscrit ensuite en philosophie à l’université, mais l’appel de la musique sera plus fort que tout. Il y a aussi les expériences traumatisantes de la vie, comme deux agressions et une maladie qui la terrasse.

«Je vivais dans la rue, je tombais malade, je vivais la pire des choses. Je n’ai pas trouvé d’équilibre. »

Mais Lous est aussi une Yakuza.

Déterminée, elle va s’accrocher à son art et à la musique, réalisant en trois ans sept EP et 52 titres ! Elle finira par taper dans l’oeil de Columbia. Et au bout de quelques années, la voilà qui fait les plateaux de télévision en France et en Belgique en imposant sa patte, comme dans ses clips où l’esthétisme est légion. Elle a d’ailleurs défilé pour Chloé en plus d’être devenue une égérie Louis Vuitton.

Musicalement, elle enchaîne aussi les collaborations, comme avec Damso ou Hamza.

«Je ne pense pas que les gens comprennent même ce que je fais en ce moment. C’est dérangeant, car c’est différent.»

Différent, c’est bien Lous. Franchement comme l’album Gore, c’est encore mieux et c’est Lous and the Yakuza.

Pour clore le tout, c’est la chanson Solo qui a été préférée. Elle n’est pas gore, mais réaliste. Elle hausse aussi le débat et enchaine avec cette question que bien des sociétés auront à répondre au cours des prochaines années: “Pourquoi le noir n’est-il pas une couleur de l’arc-en-ciel ?” 

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