«Le cèdre d’octobre»: le cri du peuple libanais

17 octobre 2019. Le gouvernement libanais annonce une nouvelle taxe, notamment sur les appels de messagerie internet via des applications comme WhatsApp. La colère populaire monte dans la capitale Beyrouth où se trouve l’ensemble des institutions politiques. Le Liban se révolte.

Salim Saab, journaliste franco-libanais et réalisateur du documentaire « Le cèdre d’octobre » était sur place pour ce qui devait être au départ des vacances en famille. Mais il participe à la manifestation, d’abord sans caméra jusqu’à que le cœur l’emporte. Il se met à filmer les rues lors de chaque manifestation et à interroger chaque personne qui y participe pour leur donner la parole.

Les premiers plans sont donc bien plus que réels. On y voit une capitale en colère, des manifestants criant de mettre fin au «pouvoir des voyous», au «pouvoir des militaires». On y voit des vitrines de magasins cassées, du vandalisme gratuit, de la pagaille d’organisation dans les manifestations et de la colère. Mais, on voit aussi l’espoir de tout un peuple, toutes croyances et religions confondues et s’unissent contre ce qu’il qualifie d’abus et qui finalement «appauvrit le peuple».

La puissance des témoignages

Tout comme dans son dernier documentaire Forte, rendant hommage aux femmes artistes du monde arabe, Salim Saab met en avant l’une de ses principales qualités : l’écoute. L’ensemble de son documentaire est construit sur les témoignages de ceux et celles qui sont sortis dans les rues réclamer « une nation qui unit et protège le peuple ».

Outre des artistes de la scène hip-hop de Beyrouth, le réalisateur a récolté des témoignages bruts de plusieurs Libanais qu’ils soient artistes, citoyens lambda, femmes, mères de famille ou pas, journalistes, etc.

En les écoutant, il semblerait que tous réclamaient à l’unisson la même chose sous le cèdre du drapeau libanais. Bien évidemment, le choix de donner autant la parole aux artistes est délibéré puisqu’ils étaient, selon le réalisateur, au centre de cette révolution.

Et comme nous l’explique si bien Selim Mawad, un artiste peintre rencontré par le réalisateur, peut-être que finalement, ce mouvement était une thérapie de groupe qui aurait dû avoir lieu après la guerre. Car, c’était bien la première fois que le peuple s’exprimait «tous ensemble, comme si c’était une thérapie de groupe». Comme si ce mouvement dépassait les classes sociales, le genre, la confession pour demander la même chose : repeindre le cèdre aux couleurs d’un peuple uni.

Projection dans le cadre du Festival du monde arabe de Montréal le 20 novembre 2020.

Bande-annonce 

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