Dobet Gnahoré se comet sur un sixième album

Fruit de la crise sanitaire, le nouvel album de la puissante Dobet Gnahoré, Couleur (Cumbancha), est à la fois un hymne à la femme, à l’espoir et l’effort ainsi qu’une ode à la mosaïque socioculturelle du continent noir.

Un peu comme certaines boissons énivrantes, le nouvel opus de Dobet Gnahoré se délecte et s’apprécie avec le temps. La première écoute surprend puis la deuxième permet d’apprécier le travail en amont réalisé par la diva, récipiendaire d’un Grammy en 2010 pour le titre Pearls (avec India Arie).

Dans les succès, signalons sans détour la très énergique chanson Lève toi, du bon vieux zouglou qui donne envie de se trémousser sur la piste de danse. Il faut dire qu’elle chante ce titre avec un spécialiste du genre, Yabongo Lova.

Il faut faire jouer la chanson en fermer les yeux. Il y a des chances qu’on soit transporté dans l’ambiance chaude des maquis de babi (surnom d’Abidjan), un soir de fête.

Il est question de courage, de motivation et d’effort. “Même si c’est dur comment, comment, hoo, relève-toi Frère sang même si c’est Katanga, relève-toi” lancent Dobet et Yabongo en français.

Pour clôturer cet album que certains classent dans la catégorie fourre-tout Afro-pop, c’est aussi une magnifique chanson qui a été placée, Mi Pradjo. Encore là, il est question d’espoir, mais c’est le beat et rythme qui font mouche.

La femme a une place bien importante dans ce projet et c’est le titre qui YAKANÉ (Aujourd’hui) qui en est le symbole:

“Le temps où l’homme commandait la femme est passé, confie l’artiste. Aujourd’hui le monde évolue en faveur de la femme. L’indépendance de la femme c’est aujourd’hui.” Il y a aussi Woman ou Mon époque qui “met en haut” la femme.

L’Afrique n’est pas en reste puisque le tout premier titre est une forme de remerciement. “Je garderai les influences de l’Afrique partout où j’irai. L’Afrique est mon héritage, mon battement de coeur”.

Qu’on le veuille ou pas, le titre Redemtion risque de toucher, car intriguant (la mélodie et les paroles), que l’on soit croyant ou (presque) pas. C’est d’ailleurs l’une des chansons douces de son projet: “J’ai jugé, accusé, menti, trompé, frappé et même volé, Je sais, Je ne suis pas parfaite, non non non non”.

Installée en Hexagone depuis 1999, Dobet Gnahoré est revenue à Abidjan lors de la première vague de la pandémie. Elle en a profité pour (re)tisser des contacts avec la scène et les talents du coin. Résultat, “Couleur célèbre les divers talents africains, ainsi
que la cause des femmes, la créativité et la positivité”, explique dans le dossier de presse l’étiquette Cumbancha.

Avec sa voix puissante et forte, Dobet chante en français et en bété, mais aussi en adjoukrou, dida, dioula, koulango ou même en anglais comme dans le titre Woman. “She is beautiful, she is strong. She is free”.

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