Angelique Kidjo revisite son enfance

Avec son nouvel album Oyo, Angelique Kidjo nous fait revivre les chansons de son enfance. Une étape de sa vie parfumée de soul et de berceuses reconnues.

La première chanson Zelie donne le ton de l’album. A travers le titre de la togolaise Bella Bellow, la voix d’Angelique Kidjo rejaillit. La percussion remplacée par la guitare donne toute la place à l’artiste béninoise.

Car c’est bien un album de reprises que nous offre Angélique Kidjo. De simples reprises ? Sûrement pas… Toute une palette de couleurs nostalgiques nous est présentée. Une sorte de journal intime musical. Encore plus intime car Angélique Kidjo nous offre plus que des mots, ce sont des moments de vie, de découverte. L’artiste prouve que la musique d’une enfant peut refleurir un jour sous d’autres pétales.

Ses influences sont multiples et se font écho. Angélique Kidjo nous fait revivre Lakutshn Llanga et  Atcha Houn. La soul, le jazz et le RnB sont  aussi bien présents dans cet album :  Cold Sweat de James Brown, I got Dreams d’Otis Redding , Baby I love you d’Aretha Franklin et Petite Fleur de Sydney Bechett qui nous fait repenser à la version d’Henry Salvador. La voix et l’instrumentalisation donnent une touche particulière à ces oeuvres de l’histoire musicale.

Ce challenge relevé aurait pu s’arrêter là mais Angelique Kidjo s’est armée de musiciens talentueux pour y parvenir. La liste fait tout simplement rêver: John Legend, Diane Reeves et Lionel Loueke. Même si Djin Djin, son dernier album, était déjà rempli d’invitations bien fournies, celles-ci sont parfaitement choisies. Contrairement à d’autres artistes, Angelique Kidjo ne choisit pas ses partenaires musicaux pour vendre mais bien pour mettre en valeur la vision de sa musique. Elle est définitivement la preuve que l’appellation « World Music » ne peut lui correspondre. Elle a depuis longtemps su créer sa propre voie.

Le nouvel album d’Angelique Kidjo, Oyo, devait sortir en février au Canada. Il a été repoussé en avril et devrait inclure un duo avec Bono.

Charles Mathon avec la collaboration de Manglibè Badabo

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