Afrique, une économie en sursis

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Découvrez la critique du documentaire Afrique, une économie en sursis . Présenté dans la catégorie Documentaire Longs métrage du PanAfrica 2010, ce film de Blaise Pascal Tanguy aborde la question de l’économie informelle à Yaoundé et Douala, les deux grandes villes du Cameroun.

Un vendeur à la sauvette de médicaments, un handicapé qui se débrouille en vendant des bonbons mentholés et des cigarettes L&B, des femmes qui concassent tous les jours le gravier à Ngousso dans la capitale ou des chercheurs de sables d’Akwa Nord. Ce sont quelques-uns des exemples utilisés dans ce film pour illustrer les propos des auteurs.

L’Afrique et surtout le Cameroun est en danger. Le principal moyen de survie (et de débrouillardise), c’est cette économie dite informelle ou chaque individu finit par se réaliser en se spécialisant dans des secteurs souvent illégaux, dangereux, mais qui leur permet de subvenir aux besoins de leur famille. C’est le cas de Président, pharmacien de la rue. Aux passants et aux malades, il leur propose un kit de perfusion, un comprimé de paracétamol. Il est à la fois médecin, pharmacien et dans certains cas urgentologue. Il sait déchiffrer les molécules prescrites à l’hôpital. Et paradoxalement, il s’insurge contre la contrefaçon.

Président et les autres protagonistes du documentaire sont conscients de leur situation, mais ils n’ont pas le choix. Depuis 25 ans, un autre fabrique des marmites sans protection dans les marécages de Tsinga. « Si tu as un enfant, tu vas faire comment? C’est comme ça qu’on se débrouille ici », explique ce fabricant. Il n’est pas à l’abri d’un danger.

L’aluminium qu’il transporte comme de l’eau est liquéfiée à 2000 degrés (voir photo ci-contre). Pas question de pleurer lorsque le fabricant se brûle.

Si tu es fabricant, le feu te brûle un peu et tu dis Aie, on se moque de toi. Et on te dit « est-ce qu’on pleure à la fonderie. »

Alternant les différentes interviews et la voix off (un tantinet dramatique), le documentaire décrit parfaitement le contexte de pauvreté  et d’abandon dans lesquels les jeunes Camerounais doivent trouver un chemin. Comme souvent les politiques et l’État camerounais sont aux abonés absents. Difficile de le croire quand on sait tout le potentialité et la richesse de ce pays d’Afrique centrale.

Le titre du documentaire interpelle aussi. Si l’économie camerounaise est en grande partie informelle, faut-il en conclure que c’est le cas de tout le continent ? Même si le Cameroun reste L’Afrique en miniature, la généralisation est un peu osée, d’autant que dans d’autres pays, contrairement au Cameroun, l’État prends sa place. Citons le Mali, le Ghana et dans une moindre mesur le Sénégal.

N’empêche, les auteurs du documentaire réussissent très bien à faire passer leur message. Une partie du continent souffre, et il est temps de s’en occuper.

De retour à Montréal après avoir été sélectionnée en 2007 au Festival des films du monde (catégorie documentaires du monde), Afrique, une économie en sursis sera projetée le 22 avril prochain à l’ONF en présence d’un des auteurs, Blaise Pascal Tanguy.

Le documentaire est en compétition dans la catégorie Documentaire, Longs métrage de la 26e du Festival des films PanAfrica International de Montréal.

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