Omar Pene : un envoûtant voyage musical

Accueilli par un fan-club euphorique, Omar Pene a donné un spectacle à la hauteur de sa réputation. Une prestation colorée et bien structurée sur fond de Mbalax, une musique percussive qui mélange des instruments traditionnels (djembé, sabar, kora) à des rythmes plus modernes ( jazz, funk, sonorités afro-cubaines).

Photo : Patrice Blain, FINA 2010

Chanteur sénégalais engagé, Omar Pene met des histoires en musique. Nul besoin de maîtriser le wolof, un dialecte tout aussi charmant qu’exotique, pour saisir l’ambiance générale qui se dégage des chansons interprétées par l’artiste. Lorsque Omar Pene et ses acolytes montent sur scène, ils portent avec eux un univers particulier, ne serait-ce qu’au niveau de leurs costumes et de leur attitude. Ils sont six : chanteur, accordéoniste, bassiste, percussionniste, guitaristes (classique et électrique). Six personnages qui semblent profondément ancrés là où les transporte leur musique, fascinants à contempler. Les spectateurs de toutes origines, qui ont fait salle comble, s’en donnaient à cœur joie, scandant leur enthousiasme et admiration à tout moment.

Le spectacle a été monté de façon à échauffer la foule de façon graduelle. Vêtu d’une superbe toge de couleur fuchsia, Omar Pene a interprété ses premières chansons dans un état qui rappelait la transe : yeux fermés ou rivés vers le sol, mouvements de danse rares et modestes. Le spectacle, loin d’être ennuyeux, est un réel plaisir pour les yeux. Si on ne comprend pas les paroles, on saisit quand même que le message est puissant et profond. La chimie entre les musiciens sur scène est singulière : chacun semble performer dans une bulle, et pourtant chacun est connecté aux autres. Les instruments communiquent entre eux, dialoguent avec Omar Pene : subjuguant. Cette étrange énergie, captivante, fait en sorte que les spectateurs ne savent pas sur quel pied danser. Ils ont envie de bouger, mais ils ne semblent pas vouloir s’imposer.

Omar Pene savait certes que son public était là pour danser, et il a commencé à leur en donner l’occasion tout juste avant l’entracte. Tout à coup la piste de danse, vide jusque-là, s’est fait envahir, et elle ne s’est vidée qu’à la toute fin de la performance, plus d’une heure plus tard. Le public s’est amassé en foule compacte face à la scène, entraîné par un rythme bien sénégalais. Le coin semblait surchauffé.

Né en 1956 dans un quartier de Dakar, Omar Pene connaît un succès incontestable au Sénégal, mais aussi partout dans le monde. Depuis plus de trente-cinq ans, il se consacre à atténuer les difficultés sociales et économiques de son pays. Ses chansons dénoncent la corruption et cherchent à atteindre la jeunesse. Il a été sacré Meilleur Musicien Africain en 1998 aux Etats-Unis par la CFTV.

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