Le coup de gueule d’Orphee The Myth

D’origine congolaise, le montréalais Orphée Okito baigne dans l’univers de la musique depuis longtemps. Il y a quelques mois, avec sa collègue Sherley Gene, sortait le vidéoclip de leur chanson Lookin For. Les artistes montréalais ont d’ailleurs été sélectionnés dans la catégorie Meilleur artiste RnB de l’année au Montréal Hip Hop Awards qui a eu lieu le 5 décembre dernier au Théâtre Plaza.

Profitant du 62ième anniversaire de la Déclaration Universelle Des Droits de L’Homme et de son 30e anniversaire, Orphee The Myth sort un nouveau single, Mama Africa, qui à l’écoute, ne devrait pas laisser indifférent.  Il en a profité pour accorder une entrevue à Touki Montréal.

Que pensez-vous du milieu de la musique à Montréal?

Je trouve que le milieu de la musique n’est pas uni. Les artistes ne se supportent pas entre eux, jouent aux vedettes pendant que la majorité ne vit même pas encore de leur art!

Mon vidéoclip est sorti il y a 2 mois de cela. Il y a des artistes, des blogues, des forums (qui disent couvrir la musique urbaine à Montréal) à qui j’ai envoyé le lien, mais qui n’ont même pas fait l’effort de distribuer!

Orphee The Myth & Sherley Gene

Dans le milieu urbain montréalais, il y a beaucoup d’artistes talentueux qui naissent, qui grandissent mais personne ne les soutient. Ça devient une affaire de réseau et ça, c’est souvent dans la communauté noire.

Il faut apprendre à changer les mentalités! Les blancs avancent, car ils sont unis. Nous les noirs, chacun veut briller seul, promouvoir seulement son produit et boycotter les produits des autres.

Lors du Montréal Hip Hop Awards, la salle était remplie malgré les mauvaises langues. Pourquoi les mauvaises langues? Parce qu’elles ne pouvaient pas accepter qu’il ait un événement qui disait être la représentation du Hip Hop à Montréal!

Certains artistes et d’autres artisans (même certains sélectionnés) ne se sont pas présentés parce que ce n’était pas assez gros pour eux! «L’union fait la force» parce que je trouve que la présence de certains artistes à cet évènement aurait haussé davantage le blason des MHA!!

Que pensez-vous des gros labels de l’industrie?

Je n’y crois plus ça fait longtemps. Si cette question m’avait été posée il y a 5 ans, j’aurais sûrement répondu : «C’est mon rêve le plus grand de me faire signer».

Aujourd’hui, la seule raison pour laquelle on les appelle encore Majors c’est parce qu’ils ont le budget pour faire la promotion de leurs artistes et encore là, les résultats ne sont pas assurés!

Certains artistes ont cette joie, que je qualifie d’ironique et souvent très passagère, lorsqu’ils apprennent qu’ils sont signés. Mais si vous allez sur les sites officiels de ces gros labels et cliquez dans l’onglet « Artistes » vous verrez des artistes signés, non connus du public, et que personne ne voit jamais.

C’est une nouvelle forme d’esclavage, car ces artistes n’ont pas le droit de faire tout ce qu’ils veulent sans l’approbation de leurs « maîtres ». Ils n’exercent même pas leur art, ce don que Dieu leur a donné, pendant que moi, le non signé, je roule avec mes collaborations à gauche et à droite avec des artistes qui n’ont pas de chaînes attachées à leur cou.

Croyez-vous qu’il soit facile pour un nouveau groupe ou un nouvel artiste de se faire connaître ici à Montréal?

Les gros studios qui chargent des prix très discutables avec une qualité sonore et un service dérisoire, c’est révolu en 2011. Aujourd’hui, il y a le net pour se faire connaître, les studios, il y en a des tonnes. J’enregistre chez moi, Sherley Gene enregistre chez elle.

On peut faire des vidéoclips à des prix très raisonnables avec une qualité qui est égale aux vidéos qui passent aujourd’hui à la télé. Par exemple, le vidéoclip de Lookin For est d’un professionnalisme impressionnant.  Il passe en rotation sur Much Vibe et a figuré dans le top 5, en 3e position, avec les artistes des Majors comme Lloyd, Chris Brown, Rick Ross, Keysha Chanté.

La clé et c’est un conseil que je donne aux artistes, c’est de parler le même langage que les Majors. Les sons que vous voulez sortir doivent être professionnels.

Pour Lookin’ For, on l’a enregistré dans nos chambres respectives, mixé chez moi, mais il a été masterisé à New York, au Sterling Sound, le studio renommé dans l’industrie américaine de tous les grands artistes tels que Usher, Drake ou Madonna.

Voici le clip Lookin for

4 COMMENTAIRES

  1. Tu resume bien la raison pour laquelle j’ai quitté ce milieu! Pas parce que je n’aime pas la musique, mais parce que j’ai l’impression d’y avoir perdu beaucoup de temps et d’énergie.

LAISSER UN COMMENTAIRE