Les femmes briguent des postes de décision au Rwanda

Les Rwandaises sont déterminées à arracher des postes importants au sein des districts et secteurs lors des élections de base qui commencent le 4 février. Elles s’y préparent activement tandis que les élues du mandat précédent peuvent aujourd’hui faire valoir leur expérience.

(Syfia Grands Lacs/Rwanda)

« Il y a peu de femmes maires de district. Nous aimerions que les femmes qui seront élues occupent aussi de tels postes », affirme Diane Gashumba, présidente du Conseil national des femmes (CNF), une structure rwandaise qui traite des problèmes des femmes depuis l’umudugudu (la plus petite entité administrative) jusqu’au niveau national.

Pour préparer les élections locales, qui débutent le 4 février au Rwanda, plusieurs organisations encouragent depuis deux mois les femmes à se présenter nombreuses aux postes de conseiller des secteurs, afin d’avoir plus de chances d’accéder à des responsabilités dans les districts. Au cours du mandat qui s’achève, les femmes représentaient 42 % des élus, mais seulement 6 % des maires.

Le collectif des organisations des femmes, Profemmes Twese Hamwe, a ainsi mené des campagnes au sein des organisations membres pour mobiliser et inviter les Rwandaises à participer activement aux élections de base. « Nous leur montrons qu’elles sont capables de diriger. Nous les encourageons à être maires ou vice maires aux affaires économiques dans les districts.

« Ma voisine est parvenue à être vice maire du district alors qu’elle venait juste de débuter en politique. »

Ce sont des fonctions importantes jusque-là occupées en majorité par les hommes », souligne la Secrétaire exécutive de Profemmes. Pour elle, il ne suffit pas que les femmes obtiennent les 30 % de places dans les structures de base prévues par la Constitution ; il faut aussi qu’elles essaient d’être élues dans les 70 % de postes restants qu’elles peuvent partager avec les hommes.

Fortes de leur expérience

M. K., une quarantaine d’années s’est portée candidate. Elle aspire à devenir maire d’un des districts de la ville de Kigali. Lors du précédent mandat, elle était membre du conseil de district. « Ma voisine est parvenue à être vice maire du district alors qu’elle venait juste de débuter en politique. Moi je viens de faire cinq ans comme conseiller municipal ; je me sens assez forte pour diriger un district », dit-elle très confiante.

Diane estime aussi que l’expérience des femmes dirigeantes du mandat sortant a montré que les problèmes des femmes sont résolus plus rapidement quand ce sont elles qui les traitent : « Là où il y a des femmes responsables, la planification des districts a tenu compte des actions visant leur promotion ce qui n’a pas été le cas dans certains districts où elles n’occupaient pas de postes importants de prise de décision ». Un avis que partage Kamanzi Innocent, un paysan du Sud, pour qui les femmes sont plus à l’aise quand c’est l’une d’elles qui les reçoit dans un bureau : « Dans notre culture, elles se confient plus à celles-ci qu’aux hommes.

Les violences par exemple sont un problème qu’une femme ne confie pas facilement à un homme. » Selon la Secrétaire exécutive de Profemmes, les Rwandaises commencent à avoir plus confiance en elles qu’auparavant, car leurs collègues qui ont débuté timidement, sont devenues des autorités capables comme leurs frères : « Cela les motive davantage. Cependant, être une femme ne suffira pas pour être élu », souligne-t-elle.

Présenter des programmes convaincants

Pour avoir plus de chances d’être élues, les candidates doivent bien préparer leur campagne, rappelle Diane : « Elles vont devoir convaincre, présenter un programme consistant visant à développer leur région en général, mais aussi à promouvoir le bien-être de la femme et de l’enfant en particulier. » Bien informée par le CNF quant aux différentes politiques de développement en cours, cette candidate va s’en inspirer pour peaufiner sa présentation devant la communauté.

Pour le collectif, un accent particulier doit être mis sur l’octroi des services administratifs à la population. En effet, les autorités locales actuelles sont accusées de ne pas avoir rendu les services attendus d’elles, car elles sont corrompues, ne respectent pas les heures de service et prennent du retard dans le traitement des dossiers…

Toutefois, certains estiment que les élues du précédent mandat n’ont pas toutes été à la hauteur des responsabilités qui leur avaient été confiées. Le manque d’expérience en politique, l’incompétence de certaines, le manque de soutien de leurs conjoints sont les principales causes de leur échec.

Par Solange Ayanone

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