Un one woman show sans tabous

« La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille » affirme Gisèle Ndong Biyogo. C’est ainsi que se résumeraient les chroniques de cette femme originaire du Gabon. La néo-Québécoise cumule deux talents : c’est une humoriste surprenante et  une conteuse vivifiante. L’artiste a conquis le public avec ses mots aiguisés jeudi soir, au Balattou.

Accompagnée par les sonorités du N’goni de Dramane Koné, la Gabonaise parle des déboires de la vie d’une Bantou (habitant du centre de l’Afrique) qui a immigré au Québec. Elle évoque les problèmes que rencontrent les immigrants comme les difficultés d’intégration, les différences de cultures, de langues et le racisme.

Sans tabous, le spectacle est aussi centré sur le sexe. « Savez-vous que dans chaque homme, il y a un cochon? », lance l’artiste. Les rires sont francs dans le club, tant du côté féminin que masculin. Il est question de strip-tease, d’imitation de panthère, de culotte mangeable ou de préliminaires.

Elle ouvre la porte sur son intimité en racontant son accouchement. « Je me voyais marcher dans la rue avec mes intestins qui pendaient » dit-elle, en partageant des rires de connivence avec toutes les mères de l’assistance.

La seconde partie du spectacle est consacré au conte Tika et la petite pilule bleue. Le conte met en scène une petite fille de six ans. Maline comme un singe, elle essaie de comprendre pourquoi les adultes se comportent aussi étrangement parfois.

Si le genre a changé, le rire est toujours au rendez-vous. La comparaison des défauts de l’homme avec les caractéristiques du pangolin (fourmilier écaillé) vaut le détour! Le fou rire est garanti. L’accumulation de quiproquos sur la petite pilule bleue (le viagra) provoque plusieurs situations cocasses, pour le plus grand bonheur du public.

Gisèle Ndong Biyogo fait partie de ses femmes qu’on pourrait écouter parler pendant des heures. Elle a su faire de chacun des moments de sa vie une anecdote surprenante.

À l’aube de ses 40 ans, elle décide de se consacrer entièrement à la « poursuite de ses rêves ». Pendant un an et demi, elle perfectionne son one-woman show, en jumelant l’humour et le conte. Après la performance d’hier soir, la Gabonaise conforte un peu plus sa place dans le paysage humoristique québécois.

 

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