Jeangot : Renard Manouche de Clément Oubrerie et Joann Sfar

Ces derniers mois, l’œuvre de Django Reinhardt a retrouvé une certaine lumière auprès du grand public. Le guitariste a été célébré à Paris, notamment au Musée de la Cité de la musique où une exposition lui a été consacrée jusqu’en janvier dernier. Autre forme de consécration pour l’artiste iconoclaste, décédé il y a 60 ans : une bande dessinée biographique aussi originale que divertissante, où il apparaît sous les traits d’un renard.

Jeangot-t-1-renard-manouchePar le passé, le dessinateur et scénariste Joann Sfar a rendu hommage à d’autres grands hommes, du médecin Joseph Bell au peintre Pacsin, sans oublier, au cinéma, Serge Gainsbourg. C’est aussi à lui qu’on doit le chat du Rabbin.

De son côté, son compère Clément Oubrerie, a lui croqué la vie du génie Picasso. Il est aussi derrière l’oeuvre Aya de Yopougon de Marguerite Aboué.

Cette fois-ci, avec Renard Manouche, premier tome de leur biographie «animalisée», les deux hommes transportent le lecteur dans le monde des roulottes manouches, en Belgique, au début du XXème siècle.

C’est là que naît un petit canidé «qui criait très fort», appelé Jeangot. L’enfant grandit auprès d’un père musicien ivrogne et s’acoquine très vite à un hérisson, Niglaud, qui devait au départ finir dans la casserole familiale.

Les deux garnements font faire les 400 coups, passant leur temps à sécher les cours, pêcher, penser aux femmes et à la musique. La découverte du talent inné de Jeangot/Django, qui passe du banjo à la guitare toujours avec brio, se fait de manière chaotique et dramatique, après un terrible incendie.

Sur fond de racisme envers les manouches (déjà…), Sfar (admirateur de Reinhardt) et Oubrerie parviennent à restituer un monde fascinant et perturbant, où l’errance du héros, incapable dès sa jeunesse d’avoir une vie et une carrière ordonnées, est joliment dessinée.

On peut regretter toutefois de ne pas encore plonger véritablement dans le monde du jazz. Renard Manouche constitue un hors-d’œuvre. On attend le plat principal avec impatience.

Par Antoine Aubert

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