Montréal accueille Diego El Cigala, le «prince du flamenco»

Héritier des Paco de Lucia et Camarón de la Isla, le chanteur flamenco Diego El Cigala fait escale dans la métropole pour un soir seulement, le 6 mai. Porte-étendard de la tradition gitane, l’artiste world, lauréat de deux Grammy et de cinq Latin Grammy parle avec modestie de sa popularité depuis une douzaine d’années, de défense des droits des peuples gitans et bien sûr, d’amour !

diegoelcigala-2(-®Ana Palma)Vous avez dit «qu’il n’y aurait plus jamais un autre Paco» et lui avez consacré un album en 2014, Vuelve el Flamenco. Que reste-t-il de l’héritage flamenco suite à la disparition du maître Paco De Lucia ? Parlez-moi de son génie ?

Ce qui restera gravé à jamais, c’est son oeuvre, sa musique et son rôle, au même titre que Camarón de la Isla, afin d’élever la musique flamenco à un niveau international et la faire résonner dans les plus fameuses scènes du monde. Cette époque fut l’âge d’or du flamenco et nous leur devons cette consécration.

Vous êtes d’origine gitane et portez fièrement cette appartenance. Que pensez-vous des peuples roms qui doivent encore se battre pour leurs droits et libertés en 2015, en Europe notamment ?

Je supporte bien entendu leur cause et suis très attristé de constater leurs luttes incessantes. Leur combat pour la liberté doit faire appel à leurs efforts, mais aussi à ceux du reste de la société. Je reste toutefois optimiste quant à l’atteinte prochaine de leurs droits, ils sont sur la bonne voie.

L’amour est l’essence même du flamenco. Qu’est-ce qui vous inspire à notre époque dans le sentiment amoureux, les femmes ? La romance a-t-elle encore sa place dans notre société individualiste ?

L’amour et la romance inspireront à jamais le flamenco et les autres musiques. Ces sentiments m’inspirent, mais par-dessus tout, le lyrisme du flamenco, ses paroles si puissantes. Abandonner mon esprit aux rêveries d’amour me fait atteindre de hauts degrés d’inspiration et d’exaltation.

« La clé de mon bonheur réside dans ma vie familiale auprès de mes trois enfants. »

Diego El Cigala

On vous a baptisé «prince du flamenco». Comment ressentez-vous une telle reconnaissance, et ce, à l’échelle mondiale depuis la parution de votre album Lágrimas Negras en 2003, en collaboration avec le pianiste cubain Bebo Valdés ?

Je ne m’arrête pas à ces aspects et me concentre plutôt sur ma musique. L’expérience Lágrimas Negras fut profondément marquante, car elle m’a ouverte au vaste univers des musiques. J’ai toujours chéri le flamenco et voilà que je découvrais une panoplie de nouvelles sonorités…

DiegoCarousel1Vous vous inspirez des rythmes cubains et de la tradition tango. Votre album Cigala & Tango a reçu un accueil chaleureux auprès du public : vous considérez-vous comme un artiste «world» ?

Je crois bien en être un, oui, mais je me plais à me considérer comme un artiste flamenco qui interagit avec d’autres influences musicales. Je me méfie des étiquettes pour désigner ma musique.

Votre souhait pour les futures générations de chanteurs flamencos ?

Je leur souhaite de chercher de nouvelles avenues, de défricher de nouveaux territoires sans oublier l’héritage d’hier, nos racines dans cette quête de préservation musicale.

Diego El Cigala

Mercredi 6 mai, à 20 h, Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Première partie : Lusitaniae Musica et Raizes de Coímbra

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