«Ouvrir la voix» : le documentaire qui donne la parole aux femmes noires

«J’avais trois ans. J’étais dans un parc. La petite fille m’a dit : “Non. Je ne veux pas jouer avec toi parce que t’es Noire.” Ça m’a fait tellement mal, que je m’en rappelle encore maintenant.» C’est ainsi que débute le film documentaire Ouvrir La Voix d’Amandine Gay qui a pris l’affiche depuis le 9 février, à l’occasion du Mois de l’Histoire des Noir.e.s.

Dans ce long métrage documentaire de plus de deux heures, la réalisatrice française donne la parole à 24 femmes noires françaises et belges. Ces dernières expliquent devant la caméra à quoi peut ressembler la vie des femmes noires dans ces deux pays.

Clichés et stéréotypes, racisme (intériorisé, systémique…), communautarisme, fétichisation et sexualisation du corps de la femme noire, colorisme, problèmes d’orientation scolaire, maladies mentales, féminisme, religion, homophobie, image de soi… Les sujets abordés dans le documentaire sont multiples.

«Les thèmes du documentaire sont basés sur ma propre histoire. Les femmes noires sont amenées très tôt dans leur vie à se questionner sur elles-mêmes, sur leurs identités. Quand on n’appartient pas à la norme, on nous le fait très vite savoir, très souvent dans le rejet», a regretté la réalisatrice et fervente militante afroféministe lors d’une entrevue téléphonique avec Touki Montréal.

Dans ce film, Amandine Gay voulait montrer des femmes noires telles qu’elle les voit au quotidien. Des femmes noires qui, selon elle, sont, soit invisibles, soit caricaturales dans le paysage audiovisuel français.

«Dans le cinéma français, les personnages noirs sont très rarement complexes. Le gros de leur identité peut être résumé au fait qu’ils sont Noir.es. Être Noir.e, ce n’est aucunement un trait de personnalité», a regretté celle qui poursuit actuellement des études de sociologie à l’UQAM.

Le panel des femmes qui témoignent devant la caméra d’Amandine Gay est donc très varié. En plus d’être noires, elles viennent de milieux divers, ont des origines, des religions et des orientations sexuelles différentes, travaillent dans différents domaines… C’est cette diversité que la réalisatrice voulait montrer dans son projet entièrement autoproduit qui a reçu un bel accueil en France où il a cumulé plus de 15 000 entrées.

Donner des outils aux jeunes femmes noires

Ce film, Amandine Gay aurait aimé le voir lorsqu’elle était plus jeune.

«Mon documentaire s’adresse à tout le monde, mais ce sont les jeunes filles noires que j’avais en tête lorsque je l’ai réalisé. Il fait écho à leurs propres réalités. Je voulais en quelque sorte ouvrir le champ des possibles pour elles. J’espère qu’il pourra leur donner des outils pour plus tard. Et pourquoi pas inspirer des jeunes filles à devenir réalisatrices?» a-t-elle lancé avec un sourire.

Par le biais de son documentaire, la réalisatrice voulait questionner la «norme». Cette «norme » étant les personnes blanches, qui appartiennent au «groupe majoritaire» comme elle le dit elle-même. «Est-ce que les personnes blanches s’interrogent sur leur identité? Est-ce que les Blancs ont conscience qu’ils sont blancs? Qu’ils ont des privilèges?» a-t-elle souligné. 

Ce questionnement fait écho au témoignage de l’une des intervenantes qui dit l’une des phrases les plus percutantes du film : «le privilège de l’innocence de sa couleur de peau, on aimerait tous l’avoir». Une innocence qui ne serait pas l’apanage de tout le monde…

Voir des extraits et scènes coupées sur la chaîne YouTube d’Amandine Gay :

https://www.youtube.com/user/orpheonegra/videos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 commentaire

  1. Bonjour, j’aimerais projeter le documentaire : «  Ouvrir la voix «  dans mon école….comment me le procurer?

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