Chasing Shakespeare en ouverture de la 9e édition du FIFBM

Ce mercredi 18 septembre 2013, le Cinéma Imperial a accueilli pour la quatrième année consécutive la cérémonie d’ouverture de la 9e édition du Festival International du Film Black à Montréal. La projection du film du réalisateur Norry Niven, Chasing Shakespeare, succède à la remise du Prix Humanitaire 2013, décerné à l’acteur américain Danny Glover, reconnu notamment pour son activisme communautaire sur le plan international.

Chasing ShakespeareAprès L’Armée silencieuse en 2010, Case départ en 2011 et Winnie en 2012, c’est au tour du film Chasing Shakespeare d’ouvrir le bal cinématographique du FIFBM en proposant une histoire d’amour à la lisière du surnaturel.

Pour son premier film, Norry Niven raconte la rencontre entre William Ward (interprété par Mike Ward et ensuite Danny Glover), fils d’un fermier afro-américain, et Venus Red Hawk (interprétée par Chelsea Ricketts et ensuite Tantoo Cardinal), une autochtone passionnée de théâtre et issue du Clan des Éclairs.

Tendrement amoureux, William et Vénus traversent ensemble la vie et ses épreuves, protégés par la bienveillance de M. Mountain (interprété par Graham Greene).

Usant de nombreux flash-back pour narrer les grandes lignes de la relation amoureuse de ses deux protagonistes (formant un couple mixte rare sur les écrans étatsuniens), Norry Niven propose un film léché et poétique dont certains plans fixes pourraient s’apparenter à de véritables photographies.

On soulignera le travail remarquable exécuté par Jared Brower, directeur de la photographie du film, sur l’éclairage de certains plans (notamment ceux de New York durant l’interprétation théâtrale à ciel ouvert), confirmant la volonté méticuleuse de créer et d’offrir un univers esthétique unique, à l’image des légendes amérindiennes distillées dans la narration.

L’actrice Tantoo Cardinal et l’acteur Danny Glover au Cinéma Impérial, à Montréal. Courtoisie : FIFBM, Facebook

Cependant, si l’esthétique est indéniablement la grande force de Chasing Shakespeare, il n’en est pas de même pour l’écriture du contenu assez plate et incomplète.

Misant sur une bande sonore parfois excessive, le réalisateur tombe tête la première dans les écueils du film d’amour, balisant à outrance le chemin émotionnel que son spectateur doit parcourir.

Si l’histoire d’amour est touchante, elle ne le doit qu’au caractère anecdotique de son récit lourdement appuyé par un montage saccadé exigé par l’utilisation des retours en arrière.

Norry Niven privilégie ainsi les instants courts de bonheur manifeste, idéal à sublimer à travers des ralentis, laissant ainsi de côté l’éventualité d’une construction plus lente et donc possiblement plus achevée de la relation qui aurait à coup sûr gagné en intensité.

Entre rires, larmes et surtout subjugation, Chasing Shakespeare vous emmènera dans un univers de beauté où il est difficile de ne pas concevoir la vie à deux.

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