Génocide du Rwanda : flambeau de l’espoir pour la commémoration

Depuis le début de l’année, le flambeau de l’espoir circule dans tous les districts du Rwanda, préparant la 20ème commémoration du génocide le 7 avril prochain. Symbole d’un avenir meilleur, il favorise aussi la réconciliation entre tous les Rwandais.

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« Je veux m’assurer que tout est en ordre. Le flambeau de l’espoir va arriver demain dans notre district ». Pour en être certaine, cette dame présidente des rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi du secteur Muyongwe, au nord du Rwanda, appelle sans cesse les autorités de la cellule, les responsables des rescapés…

rWANDA_aNGLAISLa flamme Kwibuka, transportée dans tout le pays, symbolise le souvenir ainsi que la résilience et le courage des Rwandais au cours des vingt dernières années. Afin de marquer la 20e commémoration du génocide contre les Tutsi, tous les feux commémoratifs à travers le pays proviendront de cette seule flamme allumée le 7 janvier.

Lorsqu’elle sera de retour à Kigali, le 7 avril, date anniversaire du début du génocide, le président Paul Kagame l’utilisera pour allumer la flamme de deuil national. Elle sera aussi utilisée lors de la veillée aux chandelles qui aura lieu au stade Amahoro dans la soirée du 7 avril.

Unité, mémoire et renouveau

Partout dans le pays quand arrive ce flambeau, rescapés, anciens bourreaux, élèves, étudiants… viennent l’accueillir avec enthousiasme. « Celui qui est obscur dans son cœur a toujours de mauvaises intentions. Ce flambeau est un signe que nos cœurs sont maintenant purs », explique Moussa Fazir Harelimana, ministre de la Sécurité intérieure à Huye au sud.

Cette année, la 20ème Commémoration, Kwibuka 20, a été placée sous le thème de l’”Unité, de la Mémoire, et du Renouveau”, trois mots qui résonnent comme un appel : » Ils nous invitent à réfléchir tous ensemble sur le passé pour mieux préparer l’avenir « , selon un officiel d’Ibuka, une association des rescapés du génocide.

Ces cérémonies visent, selon Protais Mitali, ministre du Sport et de la culture, à bien préparer la commémoration, harmoniser les débats, cibler et exécuter des actions d’assistance aux rescapés du génocide. C’est aussi, dit-il, une occasion pour ceux qui nient le génocide de se ressaisir, de faire un examen de conscience et de revenir marcher avec les autres pour le développement du pays.

Dans le district Rulindo au nord, Eric Ngarambe (44 ans), milicien de 24 ans à l’époque du génocide, était chargé de tuer les Tutsis à l’église pentecôtiste en utilisant des armes à feu, des grenades, des pierres et des machettes. « Humblement, je ne devrais pas être figurer parmi les vivants vu l’ampleur de tous les maux que j’ai faits. Construire une nation ce n’est pas seulement recevoir le pardon des rescapés, c’est aussi se reconvertir et marcher dans la nouvelle direction », a-t-il confié après la cérémonie.

Espoir pour demain

Mémorial de Kigali
Mémorial de Kigali

Selon Jean de Dieu Mucyo, secrétaire exécutif de la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG), « la jeunesse devrait être la plus impliquée dans toutes les activités de commémoration qui couvrent la période de 100 jours qu’a duré le génocide, car c’est à elle qu’il appartient de s’approprier et de pérenniser sa mémoire ».

A l’occasion de kwibuka20, des journées de réflexion sont aussi organisées les ambassades ou missions rwandaises aux Nations unies, en Europe, en Afrique.

« Ces activités ont toutes pour objectifs de garder la mémoire en alerte afin de contrer toutes ces formes de négationnisme, de révisionnisme ou de banalisation du génocide. Seules la justice et la mémoire peuvent nous préserver d’un autre génocide », a expliqué Jacques Kabale, ambassadeur du Rwanda en France, à l’occasion du lancement de la commémoration le 24 février à Lyon en France.

Les jeunes, communément appelés « Rwanda rw’ejo » (Rwanda de demain) sont appelés à prendre leur avenir en main. Certains rescapés comme Marcel Mutsindashyaka, orphelin du génocide à 5 ans, a su le faire. Sans se laisser aller au découragement, il est allé de l’avant et a terminé l’université en technologie. Tout fier il n’hésite pas à montrer que « parce qu’on vient de loin » (les termes d’une chanson de Corneille Nyungura Ndlr), il vise aussi loin, fier d’avoir créé une société qui fait le design des site webs et autres services informatiques.

Par Fulgence Niyonagize

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