RIDM: “Ndagukunda déjà” de Sébastien Desrosiers et David Findlay


Dans le cadre de l’édition 2020 des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, le film Ndagukunda déjà est proposé aux cinéphiles. À travers son histoire personnelle, le journaliste Sébastien Desrosiers part à la découverte des terres de son père, au Rwanda.

A?é de 28 ans, le journaliste Sébastien Desrosiers de Radio-Canada rencontre pour la toute première fois son père rwandais. Pourtant il n’était pas loin, mais il n’avait jamais pu le voir avant. Suite à ces retrouvailles, il confesse: “le retrouver c’était apprendre à mieux me connaître”.

Le documentaire, réalisé par lui-même avec la complicité de David Findlay, retrace ce retour aux sources. Pour le principal intéressé, c’est quelque chose de viscéral: “Je leur dois quelque chose alors que je ne les ai pas connus”, dit-il en parlant de sa famille paternelle. 

“MON PÈRE NE SERAIT PAS PARTI AU BURUNDI, JE NE SERAIS PAS EN VIE.”

SÉBASTIEN DESROSIERS

C’est ainsi que l’on s’immisce dans des retrouvailles fortes émouvantes avec l’un de ses oncles et une de ses cousines. Timide et posé, Sébastien Desrosiers essaie de comprendre leur histoire et les tristes répercussions que le génocide rwandais a eues sur sa famille, il y a plus de 25 ans.

Considéré comme il le dit lui-même comme un “blanc-bec” au Rwanda, il découvre ses terres avec un oeil d’enfant, avec un regard plein d’amour pour un pays et une famille méconnue pour lui.

Filmé simplement, mais avec efficacité, le point culminant de ce documentaire est l’explication par son oncle, de ce qui est arrivé à la majeure partie de sa famille lors des terribles génocides contre les Tutsi. Il ne peut retenir ses larmes en apprenant le sort de 45 personnes de sa famille, dont celui de son grand-père abattu froidement devant sa maison.

Seuls son père et son oncle avaient pris la décision de quitter leur pays natal pour se réfugier au Burundi. Ils ont pu avoir la vie sauve et ils ont pu reconstruire chacun de leur côté, une vie familiale. C’est ce qui a permis au journaliste québécois de raconter avec raffinement et charme, mais aussi authenticité, sensibilité et réconfort cette histoire pas comme les autres. 

Ndagukunda déjà (Je t’aime déjà en français) est une belle déclaration d’amour à un pays et à une famille, qui ont pu en manquer à certains moments.

Sébastien Desrosiers et David Findlay offrent un récit unique qui ne peut être qu’admiré tant la démarche personnelle touche et a permis à un jeune homme de découvrir des (ses) terres méconnues, une famille à qu’il pourra dorénavant dire de vive voix “Ndagukunda”!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.