Aya, le retour d’Aya Nakamura

Deux ans après le tonitruant album Nakamura, porté par l’incontournable Djadja, le délicieux Copines et le succulent Pookie, la chanteuse franco-malienne Aya Nakamura a sorti son troisième album studio AYA.

Dans ses entrevues dans la presse française (qui la prend beaucoup plus au sérieux depuis que certaines de ses vidéos explosent des records et que le Guardian ou le New York Times parlent d’elle), la chanteuse de 25 ans a confié que son précédent album était plus festif, “pour ambiancer”, alors que ce nouveau disque est plus personnel, plus intime.

La jeune femme revient sur le devant de la scène (sans l’avoir vraiment quittée) après avoir écoulé l’équivalent d’un million d’album à travers le monde (et plusieurs centaines de millions de streamings), faisant d’elle l’artiste française la plus écoutée du moment dans le monde et bien loin devant la concurrence.

D’ailleurs, on en avait eu un petit avant-goût avec deux chansons sorties avant l’arrivée de l’album: le très estival Jolie nana et le sensuel Doudou (gros coup de coeur de l’automne avec ses accents d’afropop nigériane).

À la première écoute, il est effectivement beaucoup question d’amour et de relations: “Doudou”, “Sentiments grandissants”, “Love de moi”, “Mon chéri” (à vrai dire, quasiment tous les morceaux de l’album…). Mais ça ne change pas grand chose de ses anciens disques.

Aya aime parler de ses relations dans ses chansons. Par contre, sur ce nouveau disque, la cadence est légèrement plus lente. Pas d’inquiétude pour ceux qui aiment ambiancer sur du Aya Nakamura.

AYA regorge de petites pépites dansantes (Tchop, Biff, Sentiments grandissants, Nirvana...) Niveau paroles, autant le dire, ça reste du Aya Nakamura. Ça tombe parfois dans la facilité. À quelques reprises, on a du mal à tout comprendre, mais il y a quand même quelques punchlines plutôt pas mal.

Voici quelques lignes qui ont suscité notre curiosité : « J’arrive dans ma tchop, tchop, tchop, Toi, t’es dans le flop, flop, flop », « Bien sûr qu’j’suis un pain, pain, pain, J’pense à toi dès l’matin, ‘tin, ‘tin », « Il est so hot, il y va à l’impro’, Il a trop d’flow et c’est ça que j’aime trop »…

Et que dire de la chanson Préféré dans laquelle elle parle de ses positions favorites… Au bout de deux écoutes, je me suis surpris à entonner au volant de ma voiture : “Tu connais toutes mes positions préférées…” Mes parents ne seraient pas fiers du tout. Les paroles sont plutôt (très) osées, mais la mélodie est imparable avec ses accents zouk-love et ses synthés de kompa à la fin.

Soyons toutefois honnêtes. On est quand même bien loin des paroles crues de WAP de Cardi B et Meghan Thee Stallion…

En parlant de mélodies, on doit reconnaître une chose: comme son prédécesseur, le nouveau disque d’Aya Nakamura est extrêmement bien produit. Les productions sont impeccables. On reprend un peu la même recette avec des accents de musiques caribéennes, africaines, rap, RnB, on mélange le tout et on crée des mélodies imparables.

D’ailleurs, les titres sont assez formatés pour la radio (et pour Tiktok et Instagram) et sont plutôt courts (en moyenne 2 min 30). Après plusieurs écoutes, certains titres sortent vraiment du lot: Tchop, Doudou, Sentiments grandissants, Hot et le très osé Préféré (Un de nos titres préférés).

Au final, le nouvel album d’Aya Nakamura n’a rien de révolutionnaire et n’a pas vocation à réinventer la roue. N’empêche, elle livre un album frais, agréable à écouter et qui lui ressemble, parce que personne ne sonne comme Aya Nakamura.

Et c’est ça, sa plus grande réussite.

Elle bouscule néanmoins les codes de la pop française avec un style bien à elle. La prise de risque est certes minime, mais l’ensemble est pas mal bon. On ne sait pas s’il réussira à réitérer le succès de son précédent album, mais on le lui souhaite.

En tout cas, certains titres de l’album se retrouvent déjà dans des playlists très en vue sur Spotify (Afropop et Phenomenal women pour ne citer que ceux-là).

La musique d’Aya Nakamura semble, encore une fois, dépasser les frontières hexagonales. Sans parler du fait qu’elle a eu droit à une affiche géante en plein Times Square, à New York, à la sortie de son disque la semaine dernière. Dommage que New York soit vide en ce moment. Mais la symbolique est là.

Certains peuvent rire d’elle et essayer de la discréditer à chaque occasion. À Touki Montréal, nous ne cachons point notre fierté de voir cette femme noire française venant d’un milieu populaire réussir à ce niveau.

Bref, nous lui souhaitons une bien longue carrière à cette Aya Nakamura.

Pour en savoir plus sur Aya Nakamura: 

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