Perdu en Afrique

Michel Arsenault a beaucoup voyagé au cours des vingt-cinq dernières années. Dans Perdu en Afrique qu’il publie en 2009 aux éditions Stanké, le journaliste revient sur les vingt-cinq pays qu’il a visités. Une occasion de (re)découvrir un continent qui fait souvent les manchettes mais qui reste malgré tout méconnu.

Soyons franc. Lorsqu’on commence la lecture de ce livre, il y a des passages qui interpellent et inquiètent le lecteur averti. Évidemment le style et l’écriture de ce journaliste québécois, vieux routier et cacique ne sont pas en cause.

Celui qui a collaboré dans plusieurs publications (Le Monde, Le Monde diplomatique, Le Devoir, L’Actualité, The Globe and Mail, The International Herald Tribune) n’est pas un novice. Il manie à la perfection l’encre et le verbe. Il nous fait même voyager quand on s’y attend le moins, notamment lorsqu’il revient sur ses péripéties en temps de conflit.

Le souci lorsqu’on commence à lire Perdu en Afrique, c’est qu’on a l’impression de devoir s’attaquer à un ramassis de clichés et de situations loufoques d’un autre érudit du voyage pseudo touristique. Heureusement, ce n’est pas le cas.

Pourtant, dès les premières lignes, le journaliste revient sur un de ces premiers voyages, aux États Unis, chez un noir américain. Bien qu’ils se fassent appeler « african american », le parallèle avec le continent africain dans ces premières lignes surprend. Michel Arsenault se rattrape au bout de quelques pages : « Les Afro-Américains ne sont pas des Africains, bien sûrs », avant d’en remettre une légère couche, « ..ce séjour à Atlantic City m’a ouvert, ou du moins entrouvert les yeux sur le monde noir. » Mais il ne faut, en aucun cas, résumer ce livre à ces quelques écarts.

En réalité, Michel Arsenault livre dans Perdu en Afrique, plusieurs de ces textes qu’il a publiés ici ou là, à différents stades de son parcours. Un jour Chez les Yoruba, dans la famille du roi Adeyinka Oyekan II au Nigéria, un autre au Liberia, dans la capitale, Freetown. Là il est question de L’après-guerre. En République démocratique du Congo ou au Zaïre, Michel Arsenault revient sur la question des Diamants sans éclat. Tandis qu’en Mauritanie, le journaliste explique pourquoi les « Maures » sont blancs et les « Africains » sont noirs.

Mais le journaliste ne se contente pas de simplement décrire le continent sous son meilleur costume. Au contraire. Dès l’avant propos, Michel Arsenault ne se fait pas le chantre de la maxime « Du miel dans les oreilles ». Loin de là.

« Je n’ai voulu verser de miel dans le canal auditif de personne. Je n’ai pas voulu non plus y verser ma bile. J’ai fait l’effort de rester lucide, sans oublier de chercher à voir l’individu dans la foule, la lueur dans l’obscurité »

Tout était dit. Pourtant, lorsque l’auteur raconte sa guerre d’Ouganda, le trafic humain au Togo, au Bénin ou encore les ravages du SIDA en Zambie ou à Madagascar, c’est la larme à l’oeil et le coeur serré qu’il faut tourner la page.

Michel Arsenault aime le continent africain et nous le fait vivre à travers ses récits de voyage, ses portraits et ses reportages. Que vous soyez un initié ou que vous ayez simplement l’envie d’en savoir plus sur quelques pays africains, ce recueil de textes vous sera d’une aide précieuse.

À conserver dans sa bibliothèque !

Perdu en Afrique, Michel Arseneault, Éditions Stanké, 2009

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