Jean-Marie Teno revisite les Lieux saints de Ouaga

Présenté dans le cadre de la série Afrique: Regards indépendants du Festival du nouveau cinéma, le film Lieux saints de Jean-Marie Teno aborde la question de l’accès au cinéma en Afrique, particulièrement à Ouagadougou au Burkina Faso.

Capitale du cinéma africain depuis 1969, grâce notamment au FESPACO (le Festival du cinéma africain), la ville de Ouagadougou ne propose que très peu de films africains à ses cinéphiles. C’est le constat que fait le réalisateur camerounais Jean-Marie Teno, habitué de longue date du Festival.

Lieux saints commence par une discussion au tour du traditionnel thé entre plusieurs jeunes du quartier Saint Léon de Ouaga. Au programme, chômage, avenir de la jeunesse et constat d’échec de tout un système.

Dans ce quartier populaire se retrouve la grande cathédrale de la ville ainsi que quelques mosquées. Mais à côté de ces temples, s’est érigé au fil des temps, un lieu saint, encore plus à l’écoute de fidèles d’un autre genre : le ciné-club de Koro Kouba.

Tous les jours, jeunes et plus anciens s’y retrouvent : Django, Chaolin, film indien (Bollywood) et bien évidemment les films d’action américains sont projetés.  C’est Jules César Bambouni, le djembefola du coin, qui annonce les affiches et les coups doubles de la soirée. Pour lui, le djembé est le grand frère caché du cinéma.

Peu de films africains et burkinabés sont à l’affiche au ciné-club de Koro Kouba. Et pour cause, ils sont rares sur les marchés, et dans tous les cas, ils ne sont par à la portée de tout le monde. C’est ce qu’explique Namema Boubacar, tenancier de ce ciné-club depuis plus de 2001.

Jean-Marie Teno tente dans son documentaire de savoir s’il est possible de vivre du cinéma en Afrique. Loin de s’attaquer au marché de la contrefaçon et du circuit informel, le cinéaste donne simplement la parole à ces oubliés d’Hollywood et des circuits traditionnels du septième art.

Dans une des scènes du film, la question est posée à l’un de ceux-là qui compte dans le circuit africain, Idrissa Ouedraogo, récipiendaire du grand prix du Festival de Cannes avec son film Tilaï.

À 2$ le coût d’entrée dans ses cinémas, il est bien évident que les artisans du cinéma ne s’en sortiront guère. Par contre, est-il pensable que les œuvres africaines ne soient destinées qu’à un autre public? Ni Ouedraogo, ni Teno n’auront de réponse claire et précise.

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