Recontre avec Jeremy Teicher, réalisateur de Grand comme le baobab

Tourné au Sénégal, le film Grand comme le baobab du réalisateur et co-producteur Jeremy Teicher a été sélectionné pour la 36e édition du Festival des Films du Monde  dans le cadre de la compétition mondiale (Première Œuvre). Entretien avec ce jeune réalisateur  de 23 ans, nommé au Student Academy Award en 2011

Votre film, Grand comme le baobab, raconte une histoire se déroulant dans un petit village sénégalais. Comment est née votre envie de filmer cet endroit?

Je suis allé pour la première fois dans le village de Sinthiou Mbadane (80km de Dakar) quand j’avais 19 ans, j’étais étudiant et j’allais au Sénégal pour travailler sur un projet éducatif avec un groupe d’adolescent.

Nous avons donc réalisé un documentaire sur la vie quotidienne du village : This is Us (1). Nous sommes restés en contact et nous avons décidé de faire un long métrage.

Si nous avons choisi ce thème, c’est parce qu’une élève avait fait fait un documentaire sur le mariage précoce. Elle m’avait expliqué que, parce que le village était très pauvre, les parents devaient choisir quels enfants pouvaient aller à l’école et lesquels continuaient la vie traditionnelle. Pour une fille, la vie traditionnelle signifie se marier.

L’arrivée de l’école entraîne un véritable changement culturel, et c’est pour capturer les émotions liées à ce changement que nous avons décidé de faire un long métrage de fiction.

Il est très loin des clichés sensationnalistes habituellement véhiculés sur l’Afrique, que souhaitiez-vous dire au public ?

C’est vrai que la plupart des films à propos de l’Afrique ne montrent que la violence et la guerre.

Mais si on a l’occasion de voyager en Afrique, on se rend compte que malgré les difficultés les habitants sont très fiers de leurs vies, de leurs traditions, il y a une vraie richesse.

C’est ça la réalité, et pour moi c’était très important de faire un film qui ouvre une fenêtre aux réalités du village, qui le montre de l’intérieur. Je voulais que, quand on regarde Grand comme le baobab, on comprenne la vie du villageois.

Votre film parle du respect de la coutume confronté à la modernité, principalement autour du sujet du mariage précoce : quelle difficulté y a-t-il à traiter ce sujet sans être manichéen?

Jeremy Teicher

C’était difficile. Mais les acteurs, qui sont de vrais villageois, m’ont aidé à écrire l’histoire ; nous l’avons écrite en nous inspirant d’expériences réelles. Quand nous étions en train de tourner, les dialogues n’étaient pas écrits, ils étaient improvisés ; et cette façon de faire m’a aidé à aborder toutes les facettes du sujet.

De même, j’ai fait en sorte d’alterner toujours différents points de vue : une séquence montrant les enfants qui parlent de l’école sera suivie d’une séquence sur les parents qui évoquent la tradition.

Je veux être très clair, le film ne donne pas un avis pour et un avis contre, ce n’est pas noir et blanc.

Il faut considérer la question du mariage précoce dans son contexte culturel et non pas comme quelque chose de bien ou de mal.

Les acteurs sont non professionnels, le tournage dans le village a été long, comment les acteurs et villageois l’ont-ils vécu?

Comme je l’ai déjà expliqué, je connais le village depuis longtemps et nous avons établi une grande confiance mutuelle.

Bien que les villages pulaar soient très conservateurs, tout le monde était à l’aise avec l’idée d’y tourner un film. Et nous étions tous d’accord sur l’importance de capturer son changement culturel.

Nous avons donc travaillé en famille. Les acteurs, eux, ont des rôles très proches de leurs vraies vies. Jouer leurs personnages leur était naturel.

Qu’est-ce qui est « Grand comme le baobab »?

Dans toute l’Afrique, il y a des baobabs, ce sont de très grands arbres. Les baobabs symbolisent la culture, ils sont vieux, grands, et ne bougent pas ; ils sont comme la tradition. Dans le film on voit la jeune génération lutter contre les vieilles traditions pour en apporter de nouvelles, dont l’école. Ce que je voulais dire, c’est qu’un jour la nouvelle tradition replacera la vieille tradition et deviendra, elle aussi, grande comme le boabab.

Photo Courtoisie : Grand comme le baobab

Pour en savoir plus

La critique du film

Le site officiel du film

La page Facebook du film

– Ce projet a été nominé pour les students academy awards.

– Les diffusions du film au FFM (Cineplex Odeon Quartier Latin)

Dimanche 26 août: 19h00, Cinéma Quartier Latin 14, FRANÇAIS- PREMIERE

Mardi 28 août: 21:30, Cinéma Quartier Latin 14, ANGLAIS PREMIERE

Jeudi 30 août: 12:00 (midi), Cinéma Quarter Latin 14, FRANÇAIS

vendredi 31 août: 12:10 (midi), Cinéma Quarter Latin 14, ANGLAIS

 

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