Rachid Taha, fidèle en musique

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Le Franco-Algérien Rachid Taha, toujours heureux d’atterrir à Montréal, se réjouit de sa prochaine visite dans la Belle Province. Ce sera l’occasion pour lui de montrer son 9e opus, Zoom, un album toujours militant.

RachidTaha_ZoomÇa fait plaisir [de revenir] à Montréal», a confié d’emblée Rachid Taha, joint vers 17 h à Paris, soulignant qu’il avait «l’impression de retourner au pays», chaque fois qu’il mettait les pieds à l’Aéroport Montréal-Trudeau.

«J’arrive et on va faire une bonne soirée et un bon repas.»

Comme s’il revenait à Alger, Taha s’est dit heureux de retrouver ses amis de très longue date qu’il avait dans la Métropole. S’il n’est jamais allé à Saguenay, l’artiste toujours aussi engagé s’est dit ravie de jouer pour «la première fois» au Festival international des Rythmes du Monde, le 31 juillet.

Fidélité en musique

Dans l’album Zoom qu’il va fièrement présenter au Québec, Rachid Taha s’est entouré de plusieurs personnes dont l’ex Clash Mick Jones, Brian Eno, Rodolphe Burger, Agnès B, Rachida Brahkni, Eric Cantona, Femi Kuti et Christian Olivier.

Revenant sur son parcours, Taha a souligné que sa recette, s’il y en avait une, serait celle d’«un amour de la musique, du voyage, de la culture et du monde».

Rachid-TahaIl est également revenu sur les différentes rencontres avec les musiciens qui l’ont façonné et construit. Ces derniers sont ceux qui l’orientent, montrent le chemin et «qui mettent un peu d’ordre», dans «le souk», qui est dans sa tête. Il s’est d’ailleurs dit très «fidèle en musique».

«Je travaille souvent avec les mêmes personnes, a-t-il souligné. Je suis fidèle à mon poivre et sel. Mes amis sont mes épices.»

Arabe, langue du savoir

Au fils des ans et malgré les succès, Rachid Taha n’a pas perdu sa verve. Dans Zoom, le soldat Taha défend l’humanité. «Je voulais montrer qu’il n y a pas de choc de culture», a-t-il dit, n’hésitant pas à défendre la langue arabe.

Il a fustigé ceux qui l’assimilaient à la langue des terroristes, soulignant qu’au contraire, c’était une langue de culture et de savoir.

Sur le printemps arabe, l’auteur de Bonjour a souligné que la «révolution a semé des graines. Elle a donné de mauvaises herbes.»

Rachid Taha2Pour autant, l’Algérien qui a «samplé» la voix d’Oum Kalsoum pour Zoom sur Oum, reste positif. «Je suis assez optimiste. On va arriver à quelques choses, malgré tout.»

Cet optimisme sur le monde arabe et ses révolutions contraste avec son avis sur la situation en Hexagone.

Rappelant la montée fracassante du Front national depuis quelques années, le Franc Tireur a indiqué que la situation était pire qu’avant. «Il faut être vigilant», a-t-il précisé.

Pas question toutefois de compter sur la classe dirigeante : «les hommes politiques n’ont pas très bien compris [et saisi la situation]».

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