« Kwa Heri Mandima » de Robert-Jan Lacombe aux RIDM

Au revoir Mandima, le premier film de Robert-Jan Lacombe, qui traite de la déchirure qu’entraîne les départs chez les enfants a été sélectionné dans la catégorie compétition internationale courts et moyens métrage des RIDM. Il sera projeté le 16 novembre prochain.

En 1996, vers 15 h 45, Les Lacombe, une famille européenne, quitte la République démocratique du Congo, alors Zaïre pour retourner sur le continent.

Le réalisateur, Robert-Jan Lacombe, qui était encore étudiant au département de cinéma de la Haute école d’arts appliqués (Ecal) de Lausanne en 2010, a choisi de replonger dans son univers de jeunesse. Précisément, grâce à des photos d’archives de ses parents, il recrée l’ambiance de Mandima, une petite bourgade au nord-est de la RDC, notamment celle de son départ.

Dix ans après sa naissance dans cette localité, celui qui a tout appris aux côtés de ses amis zaïrois, de sa mère hollandaise et qui doit beaucoup à sa médecin, doit retourner sur le « Vieux continent ».

Lui qui jouait comme les autres gamins du coin avec son environnement, qui a « appris comment pécher, faire à manger, faire un champ, jouer au foot, grimper aux arbres, appris sur les filles », doit maintenant apprendre les facettes de la modernité : Michael Jackson, Nitendo, basket-ball, les films, Dragon Ball Z.

Sélectionné au festival de Louvain ainsi qu’à Locarno, le documentaire de 11 minutes du jeune réalisateur français retrace avec justesse non pas la mort de l’enfance, mais plutôt l’entrée fracassante dans le monde adulte, auquel aucun enfant n’est préparé et qui se vit encore plus difficilement lorsqu’on se fait appeler « Mogli ».

Les initiés y verront les « photofilms » de Chris Marker. D’autres penseront plutôt à du Henri-François Imbert et son Doulaye, une saison des pluies, ou encore du Philippe Lafaix avec son Lamnie Gaye.

En vérité, « Kwa Heri Mandima » (Au revoir Mandima ) est le fruit d’une génération et peut-être d’un autre espoir. Né d’un père français et d’une mère hollandaise, né et élevé au Zaïre, parlant swahili, reparti en tant que jeune adulte en France, vivant en Suisse, Robert-Jan Lacombe est indubitablement le fruit de ce que d’autres ont appelé la mondialisation.

Pas celle qui pille les ressources du sud, au contraire, celle qui permet de se rendre compte que nous sommes tous dans un seul et même village et qu’un enfant, peut importe d’où il vient, reste un enfant avec toute son innocence, tel que le spectateur le retrouvera dans les images d’archives longtemps conservées à Bordeaux chez les grands-parents de Robert-Jan Lacombe.

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