RDC : lutter tous ensemble contre les violences faites aux femmes

Hommes et femmes sont unis à Kikwit, principale ville de la province du Bandundu, en RDC, pour mener des actions contre les violences économiques et domestiques dont souffrent les femmes. Peu à peu le comportement de certains maris change.

Syfia International

congolaise_Flickr “Mon mari a finalement abandonné la mauvaise habitude de prendre de force le peu d’argent que je ramenais de la vente des produits de champs. Il l’utilisait à son gré au détriment de notre famille. Je n’avais pas droit à la parole sous prétexte qu’il m’a épousée”, affirme, soulagée, Rosalie Tebembe, une paysanne de Kazamba, une des quatre communes de Kikwit. Je ne sais pas s’il va encore reprendre son ancien comportement. Mais actuellement l’économie de la maison marche bien”.

De son côté, Matthieu Maka du secteur Mudikalunga, à 50 km de Kikwit, dans le territoire de Gungu, qui tabassait et injuriait souvent son épouse devant les enfants ou même des visiteurs affirme être complètement transformé. Rencontré lors de son séjour à Kikwit pour un deuil familial, il indique qu’il suivait régulièrement des émissions sur les antennes des radios de Kikwit qui parlaient des violences faites aux femmes.

“C’est comme si les animateurs de ces émissions savaient ce que je faisais. Leurs messages m’ont beaucoup touché et depuis, je ne fais plus aucune violence contre ma femme que je respecte”, témoigne-t-il.

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L’origine de violences

A Kikwit et ses environs, il ne se passait pas un jour sans que des actes de violences envers les femmes ne soient rapportés aux Ongs. Pour changer les choses, les hommes et les femmes ont uni leurs efforts. Depuis huit mois, portés par une vingtaine d’associations, ils sensibilisent, enseignent et conseillent les familles dans les médias.

“Lors que nous analysons les causes de ces violences, nous découvrons que l’ignorance, l’orgueil, le complexe de supério310-8-mars-2014rité, la jalousie, l’abus d’autorité de l’homme… en sont souvent à l’origine”, explique Raymond Kitako, président de la Synergie de lutte contre les violences sexuelles.

“Quand nous dialoguons avec les chefs des familles pendant des plaidoyers, nous valorisons la femme en indiquant qu’elle est une très bonne gestionnaire et une bonne productrice dans une famille. Nous citons aussi quelques droits des femmes reconnus dans plusieurs instruments internationaux”, indique de son côté, Justine Kakesa, présidente de la Dynamique de la jeunesse féminine congolaise dans la province du Bandundu.

“Face à cette situation, j’ai amené mon mari plus de trois fois à des conférences sur le genre organisées par les Ongs, raconte Lili Kite. Quelques semaines après, il a demandé pardon. Maintenant je contribue à l’économie de la famille en tant que femme grâce à la couture et à la technologie appropriée.”

Dans son atelier de couture situé dans la commune de Lukemi, cette mère déclare que son époux ne voulait jamais qu’elle exerce “une activité génératrice de revenus de peur de devenir autonome et puissante”. Des entretiens menés auprès de son mari par la synergie contre les violences envers les femmes ont fini par le changer.

“La lutte ne s’arrête pas à Kikwit, rappelle pour sa part Clauvis Kombo, chargé des programmes auprès de l’Union des femmes du Congo. Nous atteignons même des villes comme Gungu (150 km au sud de Kikwit) et Kwenge “. “Mais il y a encore du travail à faire, conclut-elle, parce que les violences, sous toutes leurs formes persistent encore”.

Par Badylon Kawanda

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