Nuits d’Afrique: Patrice et sa voix singulière au National

Pour sa 29e édition, Nuits d’Afrique a invité le chanteur Patrice à présenter son reggae et sa voix si singulière sur la scène du théâtre National. L’Allemand a partagé avec le public un tour d’horizon de ses albums, dans une ambiance enthousiaste et partageuse.

Vêtu d’une chemise d’été, d’un short noir et d’un bonnet orange, sur une musique de Bob Marley, Patrice, fait une entrée sous les applaudissements nourris du public. Une salle à forte connotation française et conquise dès le début, par un artiste, découvrant Montréal pour la première fois.

Dimagee son vrai nom, Patrice Bart-Williams, il est Allemand par sa mère et Sierra léonais, grâce à son père. Ces deux cultures lui o nt permis de baigner, pendant son enfance, aux rythmes du jazz, du blues, des musiques africaines et du reggae. Ce melting pot, il a tenu à le conserver une fois devenu artiste.

Le style Patrice est atypique comme sa voix. Son style ressemble à du reggae, mélangé à du folk, avec du blues, du hip-hop en rajoutant une pincée d’acoustique. Depuis 1999, il écume les scènes et s’est fait un nom respecté sur le continent européen.

C’est à partir de 2002 et la sortie de l’album “How do you call it” que cette voix commence à être connue. Le succès de “Nile” en 2005, et la chanson phare “Soulstorm” confirme son envol.

À travers un reggae aussi décontracté que lui, le chanteur et guitariste débute la soirée par “Alive”, en guise d’introduction d’un concert commençant sur un rythme intense. Pas de temps mort, peu loquace lors des premières chansons, il enchaine rapidement avec “Boxes”.

Le chanteur semble apprécié la communion qui se créé rapidement entre lui et le public. Forcément ayant un répertoire de chansons plus douces, il varie entre moments plus tranquilles et d’autres plus festifs. Il se permet d’improviser avec ses musiciens et de laisser aller certaines chansons plus longtemps selon son ressenti.

Patrice alterne aussi aisément entre guitare électrique et guitare acoustique. Parlons de sa voix : une voiaigue au timbre des plus doux qui peut se transformer en voix plus grave pour les moments plus énergiques.

imagePour ce qui est du joueur de guitare, Patrice joue, s’amuse avec un talent évident. Il est à noter que l’acoustique de la salle s’est parfaitement mariée avec la musique jouée sur scène.

Un mélange de Bob Marley et de Lenny Kravitz peut caractériser sur scène, le chanteur allemand. Il est généreux, joue avec le public, prend confiance petit à petit et commence alors à parler.

Il évoque naturellement ses ressentis sur Montréal, révèle qu’il a rencontré ses musiciens deux jours avant, ce qui ne s’est pas du tout ressenti. Il reste ému, face à une belle ovation du public et lui même le dit “Je ne sais pas quoi rajouter, après ça”. Le National chante sur “Lions”, vibre sur “Everyday good” et “You always you”.

Il interprète un répertoire varié avec, peut être, un léger excès de chansons plus mélancoliques. Il réussit à faire lever, encore une fois, la salle pour “Soulstorm” avant de quitter la scène. 1h15 de concert sont passées, il y aura t-il un rappel?

Après quelques minutes d’un faux suspense, Patrice refait une entrée, seul, pour quelques balades de plus, avant de repartir avec une énergie plus conforme aux attentes. Il fait revenir ses musiciens, cela sent le final festif.

Patrice est plus à l’aise pour partager et propose au National de choisir sa future chanson. Quelqu’un lance le nom d’Ayo, l’ex-compagne et chanteuse de Patrice, sans succès, mais un sourire en réponse et Patrice surenchérit musicalement. Il termine avec la même efficacité et énergie que pour son entrée de concert.

Patrice a, dans son ensemble fait un passage réussi pour des débuts québécois, au plus grand plaisir des spectateurs du festival Nuits d’Afrique. Il aurait pu être plus gourmand en reggae virulent, mais c’est faire le difficile car en voyant les visages des gens sortir de la salle, il n’y avait pas de déçus. N’est ce pas le plus important pour un artiste ?.

La première partie a été assurée par Just Wôan, ce sympathique camerounais que certains ont pu voir au Festival de Jazz, il y a quelques semaines. Sa voix a conquis une foule bien présente. Il a présenté les titres de son deuxième album, “Ikomo” dans un style soul et afro-jazz.

Photos: Manish Ramloll

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