Petit pays : le génocide rwandais à travers des yeux d’enfants

Bouleversant, sensible et captivant, le film Petit pays permet de voir un autre angle du génocide des Tutsis en 1994, raconté cette fois à travers les yeux d’un enfant.

En 1992, Gaby (très touchant Djibril Vancoppenolle), 12 ans, et sa petite soeur Ana (trop mignonne Dayla De Medina) vivent au Burundi, pays voisin du Rwanda où le massacre ethnique a fait des ravages il n’y a encore pas si longtemps.

Nés d’un père français et d’une mère rwandaise et Tutsie exilée au Burundi, les deux enfants ont une enfance heureuse malgré la récente séparation de leurs parents : famille aisée, quartier respectable, de bons amis, attentifs à l’école, etc.

Leur petite vie rangée prend une toute autre tournure lorsque la guerre civile éclate, suivi du génocide de 1994 au Rwanda. Leur mère (Isabelle Kabano, qui vole la vedette), n’a plus aucune nouvelle de sa famille qui vit dans son pays d’origine.

Les communications sont très difficiles, voire coupées entre le Burundi et le pays voisin. Même le père, interprété par Jean-Paul Rouve, n’arrive pas à avoir de véritables informations de la part de l’ambassade de France au Rwanda.

C’est la panique pour la famille de Gaby. Leur mère retourne dans son pays d’origine pour tenter de retrouver les traces de sa soeur et de ses neveux et nièces. Elle reviendra complètement anéantie par les atrocités qu’elle y a vues.

Le réalisateur Éric Barbier raconte cette histoire à travers une naïveté enfantine, mais nécessaire.

Qu’est-ce que Gaby, Ana et leurs amis comprennent exactement des brides d’information qui leur proviennent de la radio ou de leurs parents de toute cette guerre qui ne fait aucun sens à leurs yeux? Doivent-ils choisir un camp et participer aux actes horribles provoqués par cette guerre?

L’une des répliques qui résume le mieux l’essence du film peut s’entendre dans la bande-annonce. C’est lorsque Gaby demande à son père: « la guerre entre les Hutus et les Tutsis, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire? », ce à quoi son père répond: « ben si, ils ont le même pays, ils ont la même langue et ils vont à la même Église ». Gaby ne comprend pas et pose donc la question qui lui brûle les lèvres : « ils se battent pourquoi alors? » et la réponse du papa vient résumer parfaitement l’absurdité raciste de cette guerre : « Eh bien à cause leur nez! »

Le film raconte les atrocités qui ont marqué le génocide, mais on voit très peu de scènes de violence (mais il y en a quelques-unes). La violence est plutôt décrite sensiblement par les paroles des personnages qui y ont été témoins. C’est exactement comme si nous étions dans la peau des enfants : on entend les horribles choses qui se passent, on comprend la douleur vécue par le peuple, mais nous sommes rarement un témoin direct. 

Petit pays a pris l’affiche le vendredi 28 août. Il s’agit d’une adaptation du roman éponyme écrit par Gaël Faye et paru en 2016. L’autrice de ces lignes n’a pas lu le livre et ne peut donc pas comparer les deux oeuvres.

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