Gims sur Netflix: l’homme derrière les lunettes noires

Depuis le 17 septembre dernier, Netflix propose à ses abonnés de faire connaissance avec l’artiste Gims, anciennement connu sous le pseudonyme de Maître Gims. Cette vitrine internationale met en vedette une personnalité qu’on ne présente plus dans le monde de la musique dite «urbaine» ou «Afro Pop» francophone. 

Gims: On the record (en anglais) révèle les secrets de la star qui se cache, malgré lui, derrière ses lunettes fumées. Ces lunettes qui sont devenues aujourd’hui, au-delà de sa voix exceptionnelle, sa marque de différenciation dans l’industrie musicale.

Pendant près de deux heures, on voit comment une équipe a suivi l’interprète à travers ses divers voyages et prestations qui ont précédé un des plus grands évènements de sa carrière musicale, celui du concert au Stade de France.

Le 28 septembre 2019, à lui seul, Gims a réuni pour ce spectacle exceptionnel 72 000 personnes, devenant ainsi le seul rappeur francophone à avoir rempli cet emplacement emblématique. Avant lui, l’artiste français à avoir réussi cet exploit était Johnny Halliday!

Cependant, avant d’atteindre ce statut de super star, Gandhi Djuna, de son vrai nom, en a connu des galères…

Depuis quelques années, les documentaires biographiques rencontrent de francs succès sur Netflix. La célèbre plateforme s’ouvre à tous les horizons en proposant des programmes originaux, couvrant ainsi tous les styles et goûts des spectateurs. C’est ainsi que le monde entier a pu faire connaissance avec Gims (ou Maître Gims!).

Né à Kinshasa dans le quartier très animé de Yolo, en République démocratique du Congo, Ghandi a été bercé sur les mélodies de son père, Djanana Djuna. Ce dernier faisait partie d’un groupe de musiciens très connu sur le continent, appelé Viva La Musica.

Dans les années 80, Gims voyait son père chanter, danser, passant à la télé, aux côtés du grand et regretté Papa Wemba. Dès sa plus tendre enfance, il a donc baigné dans cette atmosphère musicale, où la rumba congolaise rythmait et faisait bouger la planète entière.

Sous la dictature du président Mobutu Sese Seko (de 1965 à 1997), la situation économique et politique s’est dégradée et n’était plus stable au Congo. Ce qui a obligé son père, accusé de liens serrés avec l’opposition, à quitter le pays précipitamment.

Djuna Djanana sa femme ont embarqué Gandhi et sa petite sœur, puis se sont envolés pour la France; laissant derrière eux le reste de la fratrie (ils sont 14 enfants). C’est en 1998, à l’âge de 2 ans, que celui qu’on nommera plus tard Maître Gims, posa les pieds sur la terre du bitume de la banlieue parisienne.

La vie n’a pas été simple pour eux: clandestinité, galères, chômage… La petite famille vagabondait de cités en squats, l’argent se faisant de plus en plus rare. Gims s’est retrouvé placé en foyer d’accueil. Jeune adolescent, il est même devenu sans-abri, dormant sur les banquettes du métro.

C’est dans cette tranche de vie difficile qu’il a rencontré d’autres jeunes, perdus comme lui. Ce groupe deviendra plus tard la Sexion d’Assaut (2002). Les battles se faisaient sur les pavés des rues de Paris et Maître Gims s’est démarqué avec son flow et ses imageries hors du commun.

Ses freestyles faisaient le buzz sur la toile et son style était différent. Le monde du rap underground s’interrogeait sur ce gars aux lunettes fumées. Le personnage de Maître Gims voyait le jour. Avec ce groupe de rap, Gims vendra plus de 1,3 million d’albums. Les portes du show-business étaient maintenant grandes ouvertes pour ces jeunes banlieusards remplis d’envie et de talents…

Tout au long du documentaire, plusieurs célébrités témoignent et confirment le caractère exceptionnel du parcours de ce jeune né au Congo et devenu une star internationale.

Allant de Koffi Olomidé qui lui adresse tout son respect pour avoir porté la culture musicale congolaise à son apogée; au chanteur Sting qui qualifie la voix de Gims comme une fusion moderne d’opéra et de pureté classique africaine.

«C’est cette empreinte musicale unique qui fait de Gims une star. Quand il chante, tu reconnais aux premiers instants que c’est lui!» confie Sting dans le film.

Une brochette d’artistes invités partage cet avis et explique pourquoi l’empreinte musicale Gims est si forte.

Le film retrace donc le destin improbable de cet artiste aux multiples talents (chant, rap, dessin…) Auteur de tubes intemporels comme Sapés comme jamais ou encore Bella, devenus des succès à part entière de la variété française.

Maître Gims et son frère Dadju

Il donne un aperçu de l’envers du décor, derrière les paillettes et les frasques de l’industrie. Mêlant des thèmes qui impactent sa vie privée, ses choix, comme sa relation avec ses enfants, sa femme DemDem, ses frères (dont le célèbre chanteur Dadju), sa spiritualité musulmane, son succès, sa richesse, ses racines.

Cette introspection devant les caméras lui donne une dimension bien humaine. 

Le film se conclut sur le poids de ses engagements sociaux et du rôle qu’il a à jouer dans sa communauté. Pour lui, le chanteur congolais n’est pas seulement un musicien, c’est aussi un ambassadeur, une marque politique, un pouvoir latent.

Ce sentiment d’impuissance malgré ses actions et dons de charité, peu médiatisés, semble le miner.  Comment aller plus loin ? Maître Gims est bien conscient et se sent obligé de faire quelque chose pour le peuple.

Maître Gims est plus qu’une star mondialement connue. Il est désormais un chef de famille, le chef d’un clan. Le film montre aussi que qu’il est devenu le porte-parole officiel de la force musicale africaine sur la scène internationale.

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