FrancoFolies: l’île de la Réunion à l’honneur

Ce n’est pas tous les jours que Montréal accueille deux artistes de l’île de la Réunion lors du même festival. C’était le cas les 14 et 15 juin derniers avec la venue de Nathalie Natiembé et Maya Kamaty, deux ferventes ambassadrices du maloya, la musique traditionnelle réunionnaise, aux FrancofFlies. Touki Montréal est allé à leur rencontre.

Nathalie Natiembé, la «punkette» du maloya

Quand on lui demande de présenter sa musique, Nathalie Natiembé ne veut s’enfermer dans aucune case. Elle fait avant tout du maloya, «son» maloya comme elle le dit si bien, un style de musique traditionnelle réunionnais hérité des esclaves et classé au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2009.

Nathalie-Natiembe-Francos2014-Touki-Montreal-21Le maloya de cette grande dame de la musique réunionnaise est métissé et truffé d’influences aussi éclectiques qu’inattendues. Elle navigue entre le rock, le jazz, l’électro ou encore le reggae. Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme la «punkette» du maloya.

«Parfois, les gens entendent du rock, du punk, du jazz dans ma musique… Pour moi le maloya est un mélange de tous ces genres, a expliqué la Réunionnaise qui a donné deux représentations sur la scène La Presse+ samedi et dimanche derniers aux Francos. À la Réunion, on grandit en écoutant tellement de musiques différentes: de la variété française, de la musique caribéenne et africaine, du rock anglais… On est un pays très métissé. Ma musique est donc un mélange de tout cet héritage musical.»

C’est avec une aisance rare que l’artiste réunionnaise a transporté le public montréalais dans son univers hétéroclite, mélangeant les genres d’une façon très naturelle. Elle a présenté sur scène des morceaux issus de ses albums précédents dont Bonbon Zetwal, le plus récent sorti en 2013, et Sankèr, encensé par la critique lors de sa sortie en 2005.

L’interprétation a capella du morceau X Voto a été l’un des moments forts du spectacle. Femme libre et rebelle qui ne se fixe aucune limite, Nathalie Natiembé a également offert au public une reprise bien sentie du titre La nuit je mens d’Alain Bashung. L’artiste réunionnaise aime les grands de la chanson française: Brel, Piaf, Brassens, Gréco, Ferré… C’est sans compter son admiration pour des femmes fortes comme Nina Simone et Miriam Makeba.

Nathalie Natiembé est assurément une artiste complexe et complète qui fait de la musique avec son cœur et non avec sa tête.

Liste des chansons: Rev, X Parano, Vida, Zinvizib, Bonbon zetwal, La nuit je mens, Flakdolo, Epitaf, Ex Voto

Maya Kamaty: un maloya épuré et envoûtant

Elle baigne dans la musique depuis qu’elle est toute petite. Son père, le leader du groupe Ziskakan, est un musicien renommé à la Réunion, alors que sa mère est une conteuse qui a fait frissonner toute une génération de Réunionnais. Maya Kamaty est venue présenter son univers à mi-chemin entre le maloya et le conte aux Francofolies lors de quatre représentations sur la scène des spectacles multiculturels d’Hydro Québec samedi et dimanche derniers.

Maya-Kamaty-Francos2014-Touki-Montreal-3Le public montréalais a été particulièrement réceptif aux mélodies et aux histoires envoûtantes de Maya Kamaty et de sa bande. La jeune artiste de 28 ans qualifie sa musique de «maloya électro-acoustique avec des textes majoritairement en créole réunionnais».

Une langue que Maya Kamaty défend farouchement. Elle tient à valoriser sa langue maternelle en s’adressant au public en créole, tant qu’elle le peut. «Mi espèr zot lé bien! Montréal lé là, a laissé échapper une Maya très enthousiaste lors de son premier concert à Montréal. Cé premié fois nous vien ici. Merci accueille à nou!»

À son arrivée sur scène, c’est armée de son kayamb, un instrument de musique traditionnel de son île natale, que Maya a charmé le public avec son titre Dernié viraz. Les compositions très épurées comme Ansanm ou encore Véli mettent bien en valeur la voix claire et puissante de la jeune Réunionnaise. Il y a de la guitare, des percussions, du kayamb, du roulèr, un peu de claviers et même du ukulele. C’est simple, sans fioritures et sacrément efficace.

«Ma musique est un mélange de plusieurs influences comme du blues, de la pop ou encore de l’électro, avec comme base le maloya traditionnel», a expliqué la jeune artiste lors d’une entrevue avec Touki Montréal. Elle souligne toutefois que «Maya Kamaty» est non pas un projet solo, mais plutôt un projet collectif qui porte ses deux prénoms (son nom de famille étant Pounia).

Après avoir écumé les festivals en Chine, en Australie, au Cap Vert, en France et maintenant au Canada, Maya Kamaty et ses musiciens s’apprêtent à sortir leur premier album Santié papang en septembre prochain. Un disque qui est très attendu par le public réunionnais et qui marquera, sans aucun doute, le début d’une longue carrière pour cette jeune artiste au talent indéniable.

Liste des chansons: Dernié viraz, Son zié, Ansanm,Véli, Kel destiné, Santié papang, Mové rèv, Vavang, Ti brice, Écris-moi

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.