«Briser le code» : le documentaire qui parle du racisme ordinaire au Québec

Diffusé le mercredi 29 janvier dès 20 h sur les ondes de Télé Québec, le documentaire Briser le code s’intéresse à la question du racisme ordinaire que peuvent vivre des personnes issues de minorités visibles au Québec.

Le documentaire s’ouvre avec le témoignage de Fabrice Vil, un chroniqueur montréalais bien connu dans la sphère médiatique dans la métropole.

«Je prends la parole aujourd’hui, parce que je pense qu’au Québec, on peut tous vivre ensemble. Mais on a encore de chemin à faire.»

Fabrice Vil

Dans une salle de conférence composée majoritairement de personnes blanches, Fabrice Vil prend la parole pour y raconter son histoire, son cheminement d’homme noir dans la société québécoise.

«Je suis nerveux. Parce que, pour moi, parler d’inclusion dans une salle majoritairement blanche, ce n’est pas évident», dit-il, sous le regard d’un auditoire attentif.

Il raconte alors comment, en quatrième année primaire, il s’est rendu compte qu’il devait changer son accent haïtien pour se faire plus d’amis. Ou encore comment il avait décidé d’apporter un sandwich au baloney dans sa boîte à lunch pour ne pas se faire juger par ses amis québécois qui trouvaient ses plats haïtiens «dégueulasses». 

Tout ça, pour «fitter», entrer dans le moule. 

Entrer dans le moule

Entrer dans le moule… C’est une expression qui prend tout son sens dans ce documentaire de 52 minutes. Tous les protagonistes du documentaire vont raconter, chacun à leur tour, comment ils ont fait pour entrer dans le moule, se faire accepter par leurs amis québécois blancs.

André Ho, Montréalais dont les parents sont venus du Vietnam en tant que «boat people», est un jeune trentenaire qui lutte contre le racisme. Mais, en prenant la parole dans ce documentaire, il a peur de polariser, de déranger ses amis québécois.

Sonia Djelidi, d’origine tunisienne, raconte quant à elle comment elle avait honte de dire qu’elle était Arabe à l’école, pour ne pas se faire ostraciser par les autres.

Et que dire du poignant témoignage d’Alexandre Vollant, ce jeune autochtone qui a quitté sa réserve de Pessamit en secondaire 3, pour aller étudier à Forestville. Le jeune homme relate comment il a senti le besoin de «rejeter» son identité d’autochtone afin de se faire accepter parmi les Blancs.

«Admettons qu’il y avait une game entre Forestville et Pessamit, j’avais l’un de mes amis qui criait toutes les insultes qu’il pouvait connaître sur les Amérindiens, les “osties d’Indiens sales”.» – Alexandre Vollant

«Mais à chaque fois qu’il y avait des manifestations de ce genre et que j’étais là, n’importe qui, ils se tournaient vers moi en me disant “pas toi, c’est pas pareil” parce que j’étais leur ami. Comme si moi, ça ne m’atteignait pas», continue le jeune homme.

Toute une gymnastique mentale qui n’est pas sans effet sur leur estime d’eux-mêmes et de comment ils se voient, se sentent, se meuvent dans une société majoritairement blanche. Une société dans laquelle ils subissent les préjugés, la discrimination et des microagressions de façon frontale.

En l’espace de 52 minutes, le documentaire Briser le code, réalisé par Nicolas Houde-Sauvé, ouvre un débat sur le sujet du racisme. Un sujet qui semble toujours aussi sensible et tabou au Québec.

Espérons que ce film reçoive l’attention qu’il mérite, car il est nécessaire. C’est un très beau projet qui s’étend au-delà du documentaire. Le jour de la diffusion du documentaire sur Télé-Québec, c’est-à-dire le 29 janvier, une série de capsules et un podcast de six épisodes seront dévoilés sur le site de Télé-Québec. On a bien hâte d’écouter ça!

Pour en savoir plus:

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.