Louisiana, T1 de Chrétien et Toussain, chez Dargaud

Publié chez Dargaud, la nouvelle série Louisiana de Léa Chrétien et Gontran Toussaint raconte une Amérique misogyne et raciste, peu avant la guerre de Sécession, en s’inspirant de faits réels qui prennent place en Nouvelle-Orléans.

Dans le premier épisode de cette saga, Louisiana – La couleur du sang, le lecteur apprend à découvrir les principaux protagonistes de l’histoire familiale de Louise Portal. Voulant se départir une fois pour toutes du lourd poids des secrets familiaux, elle décide de raconter le triste récit de ses ancêtres, des propriétaires d’une plantation de canne à sucre dans le sud des États-Unis.

On est en 1805, dans la Paroisse de la pointe coupée, en Louisiane, dans une famille d’aristocrates français, notamment celle d’Augustin Maubusson.

Autant se le dire, le propos de cette BD n’est ni léger ni ludique. Au contraire, le sujet est lourd, mais universel, comme l’indique d’ailleurs la maison d’édition.

«Qu’ils soient blancs, noirs, créoles ou esclaves, catholiques ou adeptes du culte vaudou, tous vont s’aimer, se détester, s’unir ou se séparer, retrayant la vie intime de cette plantation créole.»

Augustin Maubusson  est un ignoble personnage qui cumule les tares. Maître d’esclaves qu’il n’hésite jamais à fouetter sous le moindre prétexte, Maubusson est également un adepte du viol et de la violence des esclaves. Même sa propre femme doit subir ses foudres et ses accès de colère amplifiés par son penchant pour les bonnes bouteilles de France. «Ton rôle de femme consiste à faire des enfants», lui dira-t-il, non sans lui infliger une gifle.

Il y a aussi les enfants. La jeune Joséphine, qui s’est prise d’amitié avec Moly, et Antoine, qui veut suivre les pas de son père.

Le décor n’est pas réjouissant et le lecteur le ressent en parcourant les coups de crayon de Gontran Toussaint qui avait déjà donné forte impression avec sa BD Blooday Sunday.

Le scénario est tout aussi bien ficelé et donne envie de suivre scrupuleusement, méthodiquement la trame, sans rater la moindre bulle. Pire, à l’issue de la 56 page, le lecteur se dira sans aucun doute. Zut, il faut attendre le tome 2.

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