Orchestre Poly Rythmo : les tontons ont fait le boucan au Festival de Jazz

Lors d’une rare visite en sol canadien, le Tout Puissant Orchestre Poly Rythmo de Cotonou a comblé le Club Soda et ses quelques visiteurs, le mercredi 4 juillet, dans le cadre de la 33e édition du Festival international de Jazz de Montréal.

Pendant près de deux heures, l’orchestre le plus célèbre de l’ancien Dahomey a fait rêver ses admirateurs, notamment les nombreux Béninois qui étaient venus voir de leurs propres yeux le retour des surdoués, plus dynamiques que jamais.

Dès les premières notes du spectacle, sur la pièce Noudé Magnin Tchédemin, Melo, Vincent et les huit autres ont mis la barre haute. « Bonsoir Montréal », a lancé alors le chanteur principal de cette troupe d’infatigables lurons, en selle depuis plus de 42 ans d’existence avec, au passage, quelque 500 disques…

Vêtus de leurs plus beaux apparats (ensemble basin jaune pour les uns, bleu pour les autres), les tontons, comme on le dit si affectueusement dans cette partie du monde, ont fait montre de leur éternelle jeunesse. Ils ont entre autres esquissé quelques pas de danse sur un morceau inspiré du high-life nigérian et ghanéen et de la pure rumba congolaise, celle qui a fait les joies de plusieurs générations.

Petit zouk à l’africaine, qui ne se démode évidement jamais, voyage dans le Bénin des années 1960 à nos jours, les dix musiciens ont tout fait, égrenant des tubes connus et un peu moins, mais qui entraînent malgré tout, obligatoirement, les sceptiques à faire bouger leur bassin.

Il faut dire que l’orchestre sait presque tout faire et que leur musique touche forcément tout le monde. À la fin des hostilités, fatigué, mais le sentiment du devoir accompli, Clément Mélomé racontait par exemple comment l’orchestre a accompagné tous les grands musiciens du continent lors de leur étape béninoise, de Manu Dibango à Miriam Makeba, en passant par Tchana Pierre, Fela et autres.

Autre preuve de cet universalisme de l’Orchestre Poly Rythmo, un Mexicain et un Caribéen rencontrés sur place au Club Soda se sont tous les deux reconnus dans la musique. L’un d’entre eux a même qualifié la représentation de « meilleur spectacle du Festival de Jazz ». Rien de moins.

Et dire que comme les autres spectateurs du Club Soda, ces deux mélomanes ont failli ne jamais les voir.

Tout (re) commence en 2007 lorsque la journaliste Elodie Maillot se retrouve à Cotonou pour un reportage sur le groupe diffusé ensuite sur France Culture et dans le magazine Vibrations.

Plusieurs mois après, le groupe se reforme et enchaîne alors les spectacles et, surfant, entre autres sur le retour en force du vinyle, un nouvel album est concocté, sous la houlette, sinon la baguette d’une certaine…Elodie Maillot !

À Montréal, le groupe a donc joué quelques-unes des pièces de l’album Cotonou Club comme Ma vie, Tegbe, ou encore Ou c’est lui ou c’est moi, que le groupe chante avec la chanteuse Malienne Fatoumata Diawara, de passage à Montréal en juin 2012, dans le cadre des FrancoFolies.

L’ambiance de la salle s’est enflammée sur la chanson mythique Angelina, une des premières du groupe, au plus grand plaisir de tous les tontons présents dans la salle. Une fois que le ton était monté, le chanteur Cosme Anago a mis fin aux préliminaires avec énergie sur Ose, tandis qu’Africa ou encore Gboza ont gardé l’extase au paroxysme.

À la fin du spectacle, le chef de l’orchestre, Clément Mélomé,  a confirmé ce que son collègue Vincent Ahehehinnou lançait au public. Les Montréalais savent apprécier les bons moments et avec les dix musiciens, le courant est superbement bien passé. Bentho Gustave, Loko Pierre, Vital Assaba, et les autres auraient pu le dire aussi.

Il fallait cependant ranger tout le matériel pour la prochaine étape de la tournée, le Festival d’été de Québec pour un spectacle gratuit à la Place d’Youville.

L’étape montréalaise a été un succès sur (presque) toute la ligne. Certains fans du groupe, qui avaient acheté des billets pour une autre représentation (hors festival) ont sans doute regretté l’annulation sine die d’un spectacle.

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